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Livre Second. ifs
éprend le bien de leurs Amis, que siprenoit le leur propre : la raison enque chez'les Alliez de VUtopie , cha-Négociant perd pour son compteParticulier ; 6c conséquemment, on neP e ut lui ôter son bien, sans l’exposer àgrande soufrance. II n’en va pas de^êine chez nos Insulaires : comme toutst chez eux en Communauté, le dom-^ge n’interesse pas beaucoup un Habi-jput ; Le pourvu qu'on n'attente point àa , personne; pourvu qu’on lui laííîe laVle 6c la santé, il ne se sent point de saP. e rte; il n’en est ni plus pauvre, ni plushche ; il n’en vit pas moins heureuse-ment. Pour vous faire mieux compren-ne la chose : un Utopien ne sauroit per-^ r e qu’aux dépens de toute la Nation:l °nt son malheur consiste à voir dimi-ìpser, pour quelques jours, un peu deAbondance Publique ; ou, pour mieux?ste, un peu du superflu général ; car
^ Utopiens ne portent chez les Etrangers'Pie ce qu’ils ont de trop. Ainsi, le dom-^ge est commun ; 6c pas un Citoïen ne| e n sent en son particulier. Voici, donc,a c onscquence qu’ils tirent de ce princi-pflà: seroit il juste; ou plutôt ne sc-°st~ce pas une cruauté barbare, de cau-ser