SUR L’A ME. Chap. XXIV. 463
successivement: des Formes fl (listé r en t es les unes desautres, que le même Individu vû fous ces diversesFormes, paroît autant d Individus, je ne dis pas d’Ef-péces différentes, mars de Genres, ou de Classes trèséloignés. Sous la Forme natale , llndiviuu est unVer rampant ; fous la seconde, une espèce de Môlefans Parties distinctes, & presque fans mouvement ;sous la derniere, il fend f Air d’un Vol leger. Nonseulement il prend de nouvelles Formes ; il acquiertencore de nouveaux Organes, qui n on t aucun rap-port avec ceux dont il étoit pourvu dans son prémierétat. Ce changement ne se borne pas même auxOrganes extérieurs; il s’étend encore aux Parties in-térieures, à tout le Système de la Nutrition , de laCirculation, de la Respiration. Enfin, sous fa pre-mière Forme, fíndividu n’avoit point de Sexe ; il ena un fous la dernière.
Ses Inclinations, ses Goûts, ses Procédés ne dif-férent pas moins dans ses divers Ages, que ses For-mes. Dans son prémier état, il broute la Verdure ;il tire de son sein un fil brillant qu’il employé à desOuvrages que le Naturaliste admire. Dans son étatmoyen, il ne prend, & ne peut prendre aucune nour-riture ; il ne donne presque aucun signe de vie. En-fin, fous sa dernière Forme, il ne broute & ne fileplus ; il pompe les sucs les plus délicats des Fleurs ;& s’il lui reste encore quelqu industrie, c’est pour dis-poser ses Oeufs d’une maniéré convenable aux Versqui cn doivent éclorre. 4 7.2 5.