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Essai analytique sur les facultés de l'âme / par Charles Bonnet
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mais cette capacité est renfermée dans certaines li-mites, qui varient en dicterons Individus. On nepeut les ébranler souvent, ou longtems, quelles Ré-prouvent, comme toutes les autres Parties de nôtreCorps, un changement, qui fait naître dans f Ame,ce Sentiment que nous exprimons par le terme defatigue. Cette fatigue est dautant plus sentie, quele nombre des Fibres ébranlées est plus grand. Carchaque Fibre ayant son degré propre de fatigue, plusla somme des Fibres ébranlées augmente, plus le Sen-timent de la fatigue saccroît donc en raison com-posée de la longueur du Discours, du degré dAtten-tion que les Idées exigent, & de la constitution origi-nelle du Cerveau, (533-)

816. Mais, quand on écrit à mesure que loncompose, il est bien évident, quon nest pas obligéd'ébranler auífi souvent, ou auíli longtems, la mêmeChaîne de Fibres. On ne craint pas de perdre ceque lon a concté au Papier : les yeux peuvent à toutinstant le faire rentrer dans la Mémoire. Le Cer-veau nest pas alors chargé prefquà la fois, du dou-ble travail de composer & de retenir. Un legerébranlement dans les Faisceaux représentatifs desParties antécédentes, fulíìt pour instruire lEfprit dela liaison de ces Parties avec celle quil compose ac-tuellement, &c.

817.