18 ASTROMOMIE, Liv. I.
4 I. Autre exemple : on trouve en allant vers le nord quela latitude d’Amiens est plus grande que celle de Paris d’undegré,ou que le soleil à midi est d’un degré plus bas à Amiensqu’à Paris, c’est une preuve que la terre a un degré de cour-bure depuis Paris jusqu’à Amiens;or cette distance mesuréeen allant toujours du midi au nord, s’est trouvée de 25lieues ( a ) ; donc un degré de la terre, ou la 3 60 e partie detoute fa circonférence, a 25 lieues d’étendue ; d’ou il fuitque la circonférence entiere ou le tour de la terre vaut9000 lieues; car 25 fois 360 font 9000. Lorfqu’on voit lesastres augmenter d’un degré en hauteur, c’est une preuveque notre zénit 6c notre horizon ont changé d’un degré ;car ce font les termes fixes auxquels fe rapportent nos ob-servations des hauteurs ; fi notre zénit a changé d’un degré,il a fait la 360 e partie du cercle ou du tour entier de lasphère ; 6cfi 2 3 lieues de chemin du midi au nord le fontchanger d’un degré, les 9000 lieues le feroienf changer dez60°, c’est-à-dire, lui feroient faire le tour du ciel, tan-dis que nous ferions celui de la terre ; donc la terre a 9000lieues de circuit.
Des Latitudes Géographiques ou Terrejlres.
4 2 . L’equateur 6c les pôles que nous avons remarquésdans le ciel, fe remarquent également fur la terre ; 6c toutde même que l’équateur céleste détermine les faisons, celuide la terre détermine la température 6c le degré de chaleurou de froid, qu’on éprouve en différens pays.
On dut remarquer d’abord les étoiles qui dans le cielrépondoient àl'équateur, c’est-à-dire, étoient précisémentà égales distances des deux pôles célestes voyageant en-suite sur la terre, on vit en allant vers le midi, que ces étoi-les fe rapprochement de la verticale, 6c paífoient au méridien
( a ) Chacune de ces lieues est íup-pose'e de 1283 toises de Paris, la toi-se est de 6 pieds , le pied de 12 pou-ces , le pouce de 12 lignes ; le cadre dela planche 1. mesure' de haut en basfur la droite , a 7 pouces 5 lignes Lr
demie de hauteur , cela suffira pourdonner ime ide'e de notre mesureaux e'trangers qui pourroient enignorer totalement le rapport avecles leurs ; nous parlerons des mesuresétrangères dans le XV e livre.