fî4 ASTRONOMIE, Liv. V.
les épicycles de la seconde inégalité, par le seul mou-vement du soleil.
Tycho-Brahé avoit une raison de plus pour soutenirce système ; Copernic avoit démontré 50 ans avant lui yque l’on expliquoit de la manière la plus naturelle ôt laplus simple les phénomènes bizarres ôt singuliers desstations ôt rétrogradations de toutes les planètes * en lesfaisant tourner toutes autour du soleil; Tycho-Brahé étoittrop éclairé pour ne pas voir la beauté, la simplicité ,ôt par conséquent la vérité de ce système ; mais sonrespect pour quelques passages de l’Ecriture qu’il inter-prétois mal ( 1087 ) , l’empêchoit; d’ado^ter le mouve-ment de la terre ; enfin , il avoit peine a concevoir cedéplacement de notre globe ; accoutumé avec le vulgaireà le considérer comme la base éternelle ôt le fondementimmobile de toute stabilité ; il conserva donc tout ce,qu’il put du système de Copernic , c’est-à-dire le mouve-ment de toutes les planètes autour du soleil, mais il.fit tourner le soleil lui-même , accompagné de toutes-ces planètes autour de la terre.
IO85. Tycho ne vouloir pas cependant qu’on crûtqu’il n’avoit fait que retourner le système de Copernicpour former-le sien: voici à quelle occasion il dit lavoirimaginé, dans une lettre du 21 Février 1589, qu’ilécrivoit à Rothmann (E'ist. AJlr. p. 149 ): il observasoigneusement en 1582 Mars en opposition; il jugeaqu’il étoit plus prèsi de nous que le soleil, ôt dès-lorsles hypothèses de Ptolomée ne pouvoient plus avoirlieu , car suivant Ptolomée-, Mars devoir être plus loinque le soleil. D'un autre côté , Tycho crut remarquerque les comètes observées en opposition par rapport ausoleil, n’-étoient point affectées du mouvement annuelde la terre, comme cela devoit arriver dans le systèmede Copernic ; cela lui sit rejetter l’hypothèse de Coper-nic , ôt dès-lors il ne resta plus d’autres moyens d’expli-quer la proximité de Mars à la terre, si ce n’est parle système qu’il proposa.
Weidler, qui dans son histoire de l’astronomie ( p. S 9 2 )