568 ASTRONOMIE, Liv. V.
tance ; les rétrogradations dépendent de la parallaxeannuelle du grand orbe ; c’est donc celle-ci qu’il estutile d’obferver lorsqu’elle est la plus grande ; voici lamaniéré dont Copernic s’y prenoit.
Copernic observa le 25 Février 1514, à 5 heuresdu matin, la longitude de Saturne 209°, supposant SFl*. 57. le centre du soleil {fig. 57 ), F la terre, F Saturne ,il trouvoit par le calcul des moyens mouvemens obser-vés dans les oppositions, ôc des équations de Saturne ôc dela terre déja déterminées ,'que íi la terre eût été en K ,Saturne auroit dû nous paroître à 203° 1 6', c’étoit íalongitude vue du soleil ; la différence de Ç 44' étoitl’angle K F L, que Copernic appelloit Commutation , quePtolomée avoit appellé proflaphœrefis orbis , & que nousnommons aujourd’hui parallaxe annuelle ( 1141); sangleLSK ou LSF, différence entre le lieu de Saturne Fvu du soleil, ôt le lieu de la terre L calculé pour lemême temps, étoit de 67° 33', ( c’est ce qu’on appelleaujourd’hui commutation) l’angle L étoit donc de 106"4F ; connoistant tous les angles de ce triangle on savoitle rapport qu’il y avoit entre les côtés S L ôc S F , c’est-à-dire, entre la distance de la terre au soleil ôc celle deSaturne au soleil; ce rapport se trouvoit être celui der à 9 ,6 environ , c’est-à-dire , que Saturne étoit 9 -f foisplus éloigné du soleil ô que la terre F. ( Cop. de révolu-tionibus , /. V. c. 9).
II en est de même de toute autre planète ; lorsqu’ona observé plusieurs fois son opposition au soleil, ou salongitude dans le temps o à elle est ia même vue de laterre ou vue du soleil , comme lorsque le soleil S , laterre K , ôc la planète F sont sur une même ligne , on <*sten état de calculer exactement cette longitude vue dusoleil, pour le temps où la terre est- à 90° de-là , c’est-à-dire vers F , ôc où l’angle de commutation FSL =90°;si l’on observe alors la longitude de la planète vue de la. terre , on la trouvera différente de plusieurs degrés , ôceette quantité fera l’angle S F F, parallaxe annuelle de la
planète