E T D U REFLUX DE LA MER. in
i j j* Dans la riviere des Amazones, qui a 1000 lieuesde cours; au travers de PAméfique Méridionale, la maréeest sensible jusqu’à 200 lieues ou 20 journées de P embou-chure, a u détroit de Pauxis; comme nous l’apprend M. dela Condamine, dans son Voyage de la riviere des Amazo-nes, publié en 174.5 , réimprimé dans les Mémoires deî’Académie pour 1745, & dans l’Histoire générale desVoyages. Voyez le Journal des Savans, Février 1770.
Le fort de Pauxis a été construit par les Portugais, furla rive septentrionale de P Amazone, à l’endroit où cefleuve, qui plus haut ou plus bas a quelquefois plusieurslieues de large, se rétrécit, & n’a que 905 toises ; on mon-tre fur le rivage le terme de la haute marée, ou Peau at-teint deux fois le jour ; on la volt ensuite bailler de quel-ques pouces en flx heures.
En partant du fort, à peine la marée montante retarde-t-elle la marche d’un canot qui descend,sur-tout à rames;mais quelques journées plus bas, la rame ne .peut surmon-ter la force du flot, & il faut attendre l’heure du reflux,pour pouvoir descendre. « On conçoit bien , dit M. de la» Condamine, que le flux qui se fait sentir au Cap de Nord,
» à l’embouchure de la riviere des Amazones , ne peut par-» venir au détroit de Pauxis, à 200 lieues de la mer, qu’en» plusieurs jours, au lieu de cinq ou six heures, qui est le» temps ordinaire que la mer emploie à remonter. Et en» effet, depuis la cote jusqu’à Pauxis, il y a une vingtaine» de parages qui désignent, pour ainsi dire, les journées» de la marée, en remontant le fleuve. Dans tous ces en-» droits P effet de la haute mer se manifeste à la même heure» que sur la côte ; & supposant pour plus de clarté, que» ces différons parages font éloignés Pun de Pautre d’envi-» ron 12 lieues,'le même effet des marées se fera remar-» quer dans leurs intervalles à toutes les heures intermé-» diaires, à savoir dans la supposition des 12 lieues, une» heure plus tard de lieue en lieue, en s’éloignant de la» mer. II en est de même du reflux aux heures correspon-» dantes. Au surplus, tous ces mouvemens alternatifs, cha-» cun en son lieu, sont sujets aux retardemens journaliers,
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