2Z8 TRAITÉ DU FLUX
1775 , deux jours après la nouvelle lune, par un ventde Sud; elle étoit de 14, pieds 8 pouces. Ainsi il y avoitalors 2z pieds 6 pouces au-dessus des basses eaux; c’està-peu près la même différence qu’à Brest.
La différence totale des pleines mers est donc de 8pieds 2 pouces à la Rochelle ; ensorte qu’il y avoit dansîa quadrature 19 pieds d’eau à l’ouverture de la digue ,& dans la nouvelle lune 27 pieds 2 pouces.
M. Seignette , Assesseur au Présidial, Secrétaire per-pétuel de l’Académie de la Rochelle, a envoyé ces Ob*servations à l’Académie des Sciences de Paris, le 20Janvier 1778.
1 60. Les marées les plus fortes que l’on connoisse,font celles de la Manche. Pythéas de Marseille avoitrapporté que la mer s’élevoit de 80 coudées vers lescôtes d’Angleterre. ( Pline , Liv. 2 , c/i. 97 ); j’en ai déjaparlé ci-dessus ( art. y ), & il y avoit de l’exagération ;mais à Saint-Malo on observe quelquefois jufqu’à 47pieds de différence entre la basse mer & la pleine mer..Tout l’Océan atlantique versant ses eaux sur les côtesde Bretagne , ces eaux se rassemblent dans le détroit de laManche; le passage n’étant pas assez libre, ces eaux s’é-lévent comme fous les arches, d’un pont ; d’ailleurs , leseaux qui avoient été forcées d’abord de prendre la di-rection des côtes septentrionales de la Bretagne, quiconduit fur la côte d’Angleterre, font réfléchies ôc re-foulées dans l’angle où est situé Saint-Malo ; là ellesfont arrêtées, & forcées de s’élever encore plus, ce quiaugmente les marées dans cette partie.
161. Comme j’avois vu de très-grandes variétés dansce qu’on rapportent des marées de Saint-Malo , je priaiM. le Fer de Beauvais d’en faire quelques Observations;& malgré la difficulté du local, il est parvenu à faireles Observations suivantes. D’abord il les flt à la fondeau milieu de la rade, en nivellant depuis le point' leplus bas où se retirent les eaux , jusqu’à celui où elles«'élèvent dans le flot ; Ôc à compter du 24 Décembreelles font à 2 pouces près.