4 02 origine des constellations
quelle étoit comme la mesure astronomique de la duréedu débordement. En effet , il s’écoule précisément troismois entre le lever acronique ou le lever du soir desétoiles de la tête, 6c de la derniere de la queue de cetteConstellation. II paroît assez vraisemblable qison auramarqué toute la suite des étoiles qui se levoient le soirtous les jours , depuis le solstice jusqu’à ce qu’au boutde trois mois le soleil entrât au Bélier, durée précise del’inondation, afìn d’avoir dans les cieux pendant plusieurssiécles , une mesure exacte de cette durée. Le Serpent,ou l’Hydre , animal aquatique , dont la marche tortueusereprésente assez bien les sinuosités d’un fleuve, fournit unsymbole assez naturel du Nil débordé , que peignoit lanouvelle Constellation. Virgile lui - môme compare lesreplis du Serpent , voisin du Pôle, aux sinuosités d’unfleuve : In morcm jfluminis elabitur anguis , &c. C’est mêmela feule supposition par laquelle on puisse expliquer pour-quoi l’on a donné à l’Hydre céleste une si prodigieuseétendue, & pourquoi l’on a rempli le ciel de fleuves oude Serpens, symboles de fleuves. L’effet de la précessionétant de donner aux étoiles un mouvement d’Occidenten Orient, les anciennes mesures furent en défaut au boutd un certain nombre de siécles. Le même génie symbo-lique , guidé par le même besoin , créa, sans doute, dansles âges suivans, le serpent d’Ophiuchus, & le fleuve d’O-rion, qui porte encore en Astronomie le nom de Nil, (suivantCassius,p. 228). Le serpent d’Ophiuchus sixa la durée du dé-bordement dans le temps où le solstice coïncidoit avec lecommencement de la Balance ; ôc le fleuve d’Orion , lorsqu’il coïncidoit avec le commencement du Sagittaire. Cetteconjecture que j’avois formée fur le sens allégorique dela Constellation de l’Hydre céleste , a été confirméedans la fuite par une autorité qui sembloit devoir îa dé-truire. Jablonski , pour prouver qu’il y avoit des diffé-rences entre la sphere des Grecs ôc celle des Egyptiens,cite pour exemple la Constellation de l’Hvdre, a la placede laquelle ces derniers dessinoient le Nil, ou même, dit-il,qu’ils appelloient le Nil. Jablonski cite l’autorité de Théon,