ET DES FABLES, 565
du régné de la nuit & de l’empire de Pluton. Elle écoitdonc alors comme le génie des signes inférieurs, aux-quels elle présidoit conjointement avec le Serpent. Voilàpourquoi elle étoit regardée comme la Reine du Tar-tare, ou de l’hémisphere inférieur Lc de nos Antipo-des : aussi, Macrobe dit : « PhyÇici , te.no. superius hctnif» phorium , cujus partem incolimus , Venins appellatione»> coLuerunt : inferius verò hemifphorium terro P r oser pi -» nam vocaverunt. Ergò apud Assyrios (ive Phonices ,» lugens ìnducitur Venus quod fol annuo grejfu per duo-» decim fgnorum ordinem pergens , partem quoque hemif-» phœrii inférions ingreditur, quia de duodecim fignis Zo-» diaci sex fuperiora , sex inferiora cenfentur , & càm e(l» m infetioribus & ideò breviores facit dies , lugere credi-» tur Dea , tanquam fole raptu mortis temporalis à Profer-» pinâ retento » ( Saturn. Liv. I, ch. 21); voilà pourquoiProferpine portoit le nom de Juno inféra. On fait éga-lement que l’oracle de Claros donnoit le titre de Jupiterinferus , ou d’Adês, au soleil, lorfqu’il parcourt les signesinférieurs ; ainsi l’union de la couronne avec le soleil ,lorfqu’il passe dans le régné inférieur, & va échaufferle côté du Pôle qui est fous nos pieds, est aussi naturelle quecelle de Proferpine avec le Roi du Tartare ; quoique parPluton l'on doive moins entendre le soleil que le géniesolaire , Ophiuchus & son Serpent, comme nous l’avonsprouvé ci-dessus.
Dans le Calendrier rural , cette Constellation déter-minoit le temps des semailles auxquelles elle présidoit ,& on l’invoquoit comme le génie dépositaire de la forcegerminatrice qui se développe dans îe sein de la terre.Ce rapport à la terre ôc à la végétation obscure qui s’o-pere alors dans son sein, lui fit donner l’épithéte deChtonia, ou Terrestre, qui lui étoit commune avec Plu-ton : « Genitabìlem & alendo aptum fpiritum Stoïci de facris» difputando Dionyfum nominant ... Cererem verò & Pro -» ferpinam fpiritum per terram & fruges permeantem » ( Ci-céron , de Nat, D cor, Liv, II, eh. -6 ). En parlant de ceux