ET DES FABLES. '5^7
Sc sixoit les moissons Egyptiennes qui se font à cetteépoque. Delà, cette Fable qui suppose quelle étoit sixmois aux enfers, ôc six mois dans le ciel avec Cérès famere. II devoit donc y avoir deux fêtes de Proserpine,l’une au printemps, l’autre en automne; aussi l’EmpereurJulien les distingue bien ( O rat. V), ôc appelle les unes cellesdu Bélier, ôc les autres celles de la Balance. « Sanè mys-» teria bis in honore.ni Cereris Aihenienses célébrant. Primum» parva illa myfleria cum fol arietem pcrvadit ; majora cum» in Chelis vetfatur ». II ajoute que ces dernieres étoientdes fêtes lugubres, de deuil ôc d’abstinence. Plutarque endit autant, ôc Phornutus opposant entr’elles ces fêtes, dità-peu-près la même chose : « Proserpinam omnium abjïmeniiâ» colant. Nam jejunabant in honorent Cereris .... Nant» quum aliquandò rei frumentaricc penuriam immitteret Dea ,
» pofl sementem propriis ujibus detraxerunt quiddam , ut fe~
» minandi tempore feflum Dece celebrarent. At verno tempore» Dea virentem herbam cum lufu & gaudio jacrijìcant ,
» videntes itlam vigorem immittere fcgcd & abundantice spem» protendere ». Saluste le Philosophe oppose aussi les fêtesd’automne, célébrées en l’honneur de Cérès, aux fêtesagréables du printemps.
Les habitans de 1’île de Naxe avoient également deuxfêtes d’Ariadne, l’une en Septembre , qui étoit une fêtede deuil , ôc l’autre gaie ; vraisemblablement celle duprintemps. Or, l’Ariadne des habitans de Naxe est laProserpine des Grecs, ôc les fêtes célébrées dans le mêmetemps, avoient pour commun fondement la même appa-rence astronomique.
Un trait de la vie de Proserpine, qui présente en ap-parence les absurdités les plus étranges, s’explique de la Aventurebisarremaniéré la plus simple par l’Astronomie. Jupiter , amou- «pliqtó natu-reux de Cérès, ne trouve d’autre moyen pour obtenir ses rc 1 c 'faveurs , que de se métamorphoser en Taureau. Sous cetteforme il trompe la Déesse : elle s’irrite de fa témérité.
Pour l’appaiser, elle lui présente les testicules d’un Bélier,qu’il a coupés, ôc lui fait croire qu’il s’est mutilé lui-même. De cette union naît Proserpine : Jupiter en devient