DE LA LIGUE. <íi
personnes qu’on a taché souvent, Sc même encore depuis peude jours, par sécrétés conspirations accabler 8c du tout ruiner ,comme si la sûreté de l’Eíbit dépendoit de la ruine des bons Scde ceux qui ont si souvent hasardé leur vie pour le conserver,ne nous restant plus pour nous garantir du mal, Sc pour détour-ner le couteau , qui est déjasur nos testes , sinon de courir auxrcmedes qu’avons toujours eu en horreur, qui font excusables, &doivent être trouvés justes , quand ils font nécessaires Sc autori-sés , Sc desquels ne nous voudrions encore a présent aider pourle seul péril de nos biens, si la ruine de la Religion Catholiqueen ce Royaume , Sc de l’Etat d’icelle, n’y étoit inséparablementconjointe : pour la conservation desquels nous ne craindrons ja-mais aucun danger, estimant ne pouvoir choisir un plus hono-rable tombeau, que de mourir pour une si sainte & juste querelle.Et pour nous acquitter du devoir 8c obligation qu’avons commebons Chrétiens au service de Dieu , Sc empêcher aussi ( commebons Sc fideles Sujets ) la dissipation de l’Etat que fuit volontiersledit changement.
Protestant que ce n’est contre le Roi notre souverain Seigneur
? [ue prenons les armes , ains pour la tuition Sc défense de sa per-onne , de fa vie Sc de Ton Etat, pour lequel nous jurons Sc pro-mettons tOUS exposer nos biens Sc nos vies, jusqu à la dernieregoutte de notre sang, avec pareille fidélité qu’avons fait par lepassé: Sc de poser les armes aussitôt qu’il aura plu à fa Majestéfaire ceíler se péril qui menace la raine du service de Dieu & detant de gens de bien : Ce que nous supplions très humblementfaire au plutôt, témoignant à chacun par bon Sc vrai effet,qu’il estvraiment Roi très Chrétien : ayant la crainte de Dieu Sc le zelede la Religion empreints en son ame , ainsi que nous l’avons tou-jours connu, SC comme bonPere, Sc Roi très affectionné à laconservation de ses Sujets. En quoi faisant fa Majesté fera d’au-tan t plus obéie, reconnue Sc honorée de nous Sc de tous les au-tres Sujets, avec beaucoup de bienveillance ; ce que nous dési-rons fur toutes les choses du monde. t .
Et combien que ce ne soit chose éloignée de raison, que leRoi fût requis de pourvoir en ce que durant Sc après fa vie lepeuple commis en fa charge ne soit divisé en factions Sc partia-lités pour les diltérens de succeíîion, si est ce que nous sommesfi peu émus de telle considération , que la calomnie de ceux quinous le reprochent, ne se trouvera soutenue d’aucun fondement;£ar outre ce que les Loix du Royaume font allez claires Sc con-
1585.
Motifs ditC a r d. deBourbon,des Pairs ,Princes &c.