DE LA LIGUE. 75_
se réconcilier à eux, leur proposant la nécessité publique si'bien 1585.que s’étant embrassés 8c rendus les plus forts, ils auroient mis PrisE; Re ^la main au collet desdits Consul & Capitaine Bòniface, èí prise’ dequant 8c quant avertirent du tout Monsieur le Grand Prieur qui Marseille.étoit à Aix, lequel accompagné-de deux cens chevaux, 8c d’uneChambre de Justice , se rendit en toute diligence à Marseille levendredi douzième dudit mois, environ les onze heures du soir,
Sc incontinent fit mettre en liberté ceux de la Religion ; 8 C de-là s’en allant aux prisons avec Messieurs de la Chambre , auroitfait faire le procès auxdits Consul Daries, Sc Capitaine Bonifa-ce , lesquels étant convaincus de trahison, auroient ete condam-nés & exécutés à mort le lendemain, 8c un cri public fait parroute la Ville, 8C même mandement envoyé par toute la Proven-ce de tenir ceux de la Religion en paix 8e surete. Le lendemainJour de Dimanche , fut faite une Procession en la Ville pour lebon succès que Dieu leur avoit donné, 8c le peuple crioit detous cotés, vive le Roi, vive France. La Ville, reconnoiílant nes’être à-tems opposée à la sédition volontairement, a demandegardon à Dieu , au Roi 8c à Justice, ayant envoyé des Députésan Parlement d’Aix à ces fins. II est bien besoin de remercierDieu d’un si heureux commencement, qui rend toute la Provencepaisible au Roi, S c rompt les deíleins de la Ligue, qui étoient queMarseille saisie, Monsieur de Nevers s’y rendroit incontinent,qui attendoit en Avignon ou il est encore; & fous ombre d 1 alleraux hainsde Lucques, avoit fait venir quatre Galères de Florenceau port de Marseille. Les sieurs de Saint & de Vins, Chefs de laCiguë au pais de Provence, n’ont pris audit pais une feule bi-coque outre leurs maisons , 8c font fort peu suivis, bien qu’ilsFassent grande montre de leurs doubles pistolets d’Espagne.
COPIE de la Lettre écrite far les Consuls de Marseille
à M. de Vins.
Onsieur., Nous vous faisons la. présentepour vous assurerquçssans aucune dissimulation, la Ville de Marseille a pris le par-tj. decouvertement de Dieu 8c. deTEtat, pour faire entiere pro-fession de la foi Catholique, ou chacun est résolu d’adhéreî detous’ses moyens à la Ligue des Princes Chrétiens 8c Catholiques,
& à vous, que pour cet esset vous prions vous acheminer versn °us. Et si prenez ces chemins dúdit lieu , pourrez venir à Pe-foieulx, ou à Funeau. Ec fi prenez autre chemin., prenez à Saint