DE LA LIGUE.
quence qu’il n ’ a remis la Religion Catholique Romaine enBearn, qu'o n en doit donc tirer une bonne de ce qu’il ne la ôtée,en la .balle Navarre, où il a pareille puissance , mais que toutespersonnes non passionnées la devroient tirer bonne de l’un & del’autre , en ce qu’en l’un ni en l’autrc il n’a rien remué ni inno-vé , sauf qu’il a modéré la rigueur des Ordonnances de Bearn, at-tendant mieux, à savoir qu’il n’est pas Prince qui se plaise ennouveauté , qui procede légèrement aux changcmcns par uneviolente passion contre une Religion ou contre l’autre, ainsqu’il laisse volontiers les choses au point où il les trouve , s’il n’yvoyoit une utilité bien évidente. Et de fait qui estimera le Roi deNavarre st dépourvu de jugement, st ennemi de fa grandeur ècde son bien, si Dieu .& Nature l’appelloient à un Etat, clc le vou-loir perdre , ou mettre au hasard par une violence sans raison ? &cqui plus est par une violence fans ester, èc qui ne pourroit lui at-tirer que fa ruine. Et qui croira que celui qui n aura voulu forcertant soit peu un Pays de basse Navarre, qu’il pouvoir lans con-tradiction , veuille forcer un Royaume de France, qu’il ne peut& fans le perdre , Lc fans se perdre soi-même ? Ces doutes peu-vent tomber aux cœurs des idiots, mais non des sages. Ceuxniemes qui les protestent ne le font pas, encore qu’ils tâchent àdeílein de les faire croire. Et puis quand les choses feroient ré-duites à ce point, on peut prendre assurance des doutes qu’on a.Le Peuple les requiert, &le Prince les baille. Et de ce Prince,grâces à Dieu , on ne peut remarquer jusques ici, ni violence niperfidie. Mais de s’armer dès cette heure pour une chose naturel-lement si lointaine , de parer un coup qui vient de si loin , quipeut-etre de vingt ou trente ans ne nous peut arriver, èc fous ccprétexte mettre cet Etat en feu , l’Eípagnol dedans pour nousruiner en tant qu’en eux il sero’t, & plus , & plutôt que le malqu’ils allèguent ne pourroit pas faire , c’est nous ordonner la sai-gnée pour nous empêcher un accès de fievre, c’est une mort assu-rée pour remede d’une maladie incertaine ; c’est donc un doímanifeste, car l’ignorance en feroit trop grossière. C’est un em-poisonnement au patient, c’est une trahison à cet Etat, c’estune conjuration contre le Roi. Et quand il aura nommé ce Suc-ceíleur, Sucesseur qui ne pourra espérer de le survivre, Succes-seur toutefois nommé ù-cette intention, empli de cet espoir,quelle assurance pourra prétendre le Roi d’eux qu’ils ne s’en veuil-le nt défaire?
M iij
1585.
Reponsi;
AUX DECLA-RAT. ET PRO-T E S T. DES
Guises.