Band 
Tome premier.
Seite
95
JPEG-Download
 

DE LA LIGUE,

95

1585.

Reponse

AUX DECLA-RAT. ET PRO-T E S T. DES

ïliet à la guerre pour faire compter les autres. Voyons donc com-ment ils répondent ici : s’ils le font à bon escient, s’ils ne fc jouentpoint, s’ils n’abuíent point le peuple? Tous favent-ils pas quesaint Luc & Doleurs principaux partisans, & quelques autres,font riches des dons du Roi, ont trempé en ses finances, ont te- guises.nu en somme ci-devant même lieu que ceux qu’ils taxent &qu’ils font semblant d’amener ici à compte : comptent les pre-miers qui premiers ont fait recepte ; eux donc les premiers , certesdisons mieux , ces gens font marris que les faveurs de la Cour 11epleuvent toujours fur eux, & si elles dégoûtent fur autrui crèventd’envie. Ces °"ens vont briguer des malcontens comme eux detoutes parts j St ces mal contens, qui veut regarder leur condi-tion fans passion , font si à leur aise , ont tant reçu de bienfaits,que l’aife seul les devoie, Lt fans les bienfaits ils n’auroientpuissance de mal faire. Le vrai malcontent, celui qu’il faut plain-dre, & celui duquel la condition est misérable, certes c’est leRoi, d’avoir fait du bien à race si ingrate, donné du pouvoir,donné du moyen , donné de Pautorité pour être employée aussi-tôt contre lui.

XXII.

Ils plaignent le peuple , Sc que donc ne le laiflent-ils vivre estrepos ; Lt pourquoi traverfent-ils le Roi en la volonté qu’il a debien faire , dont déja il faifoit voir de bons esters. O11 fait qu’ilT avoir soulagé pour cette année de sept cens mille livres, &í cas-sé en un jour quatre-vingt ou cent Edits que Ton lui avoir remon-trés être à la charge de ion peuple, & fe preparoit à une refor-mation generaíe de son Royaume. C’étoit commencer ; en unea utre année il eût fait d’avantage ; & en telles choses la volontéV étant, le progrès va loin en peu de rems. Aujourd’hui qui dou-te que nouvelle guerre ne lui crée nouveaux dépens, nouveauxtfiaux au peuple ; Sc puis quel ménage penfons-nous que fassentces bons ménagers, qui déja commencent à lever de grands de-niers fur les Villes qu’ils détiennent, mêmes ont taxé la Ville deBourg en Bourdelois à dix mille écus, qifils n’eussènt payés endix ans au Roi, prêts d’envoyer le Maire ôt Jurats de la Villeprisonniers en Brouage. Pensons puis après aux armées tant Fran-Çoifes qu’étrangeres, qu’il faudra nourrir & fouldoyer départ &d’autre. Pensons aux deniers du Roi que ja ils usurpent 8t faisis-Rut, qu’il faudra remplacer d’ailleurs pour s’oppofer à leurs re-bellions* auxétappes,aux munitions, aux contributions , aux