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Tome premier.
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DE LA LIGUE. ioi

fondent tout un Etat, le remplilïement de vengeances, deMeurtres, de brigandages ; font un million de veuves & d’or-

Î ’belins réduits à la faim & au bissac, tout pour contentereur feule ambition. Dieu voit tout cela, Dieu pénètre jufqu’aufond, Dieu duquel ils vont se moquant en ^invoquant, 8cduquel ils sentiront le juste courroux & la malédiction &L laVengeance, Dieu garde des Rois, Dieu tuteur des Loix, con-servateur des Polices , protecteur du pauvre Peuple , qui lesdétruira, qui les confondra, qui les foudroiera détruisans sonPeuple, confondans tout ordre, renversans les Loix, conju-fans contre leur Roi 8é son Etat, abusans sur-tout de son nomsacré , du zèle de Christ & de l’Eglise , pour , sous ce beau voileattenter à leur Supérieur, voler fa Couronne, exposer en proieMus ses Sujets.

Ì^Euples, qu’on veut mutiner fous ombre du bien public,^eíTouvenez vous de ces prétendus rejetions de Charlemagne,& pour interpréter leur dire, lisez leurs précédens mémoires ;là verrez qu’ils veulent être Rois aux dépens de notre Roi,la verrez quel arrêt ils ont conçu contre nous 8t notre Prince.François , reste de la France , considérez ici ces gens souldoïésd’un Roi d’Espagne. C’est donc la guerre d’Espagne, le cribledes vrais François. Ils parlent ici d’un succeíïèur, & vous avezvu pourquoi : ils voudroient morts tous nos Princes. Ilsparlent cf’unir la Foi, d’unir les Religions : mais pour diviserl’Etat, pour partager nos Provinces. Ici n’est point questionde Religion, nous avons un Roi Chrétien , trop plus zélateur de-Oieu, qu’euxtous ensemble, qui saura pourvoir , 8c par moïenslégitimes 8c convenables à la fureté de la vraie Religion pour lapostérité. Cette sainteté n’est que pure hypocrisie , cette Ligue{ qu’ils appellent sainte ) une feinte dévotion , une vraie con-juration contre l’Etat ; ici aussi peu est-il question de la re-sormation de ce Roïaume. Ces gens, quand ils n’y ont pointVu leur intérêt, ne s’en font jamais remués. Ces gens , au con-traire en ce peu que Dieu leur a donné d’autorité, à ce peuqu’ils ont eu de Sujets, n'ont montré qu’échantillons évidensde violence èc tyrannie. Et puis pensez, je vous prie, queltemede à tous nos maux de nous jetter en la guerre civile.Oest-à-dire, réformer le Clergé par l’infolence du soldat,épargner le sang de la Nobleífè par une suite de cruautés 8cde vengeance, soulager le pauvre peuple par les contributions,

1585.

Reponss

AUX DECLA-RAT. ET PRO-T E S T. DES

Guises.