1585.
DECLARAT.
de Henri IV.et Protest.des Ligués.
138 MEMOIRES
quelles ouïes & satisfaites , feroit plus aisé de parvenir à la re-mise desdites Places , ledit Seigneur Roi consentit par la bou-che du íieur de Believre ( 66 ) , Eun des Principaux de son Con-seil d’Etat , à la réquisition dudit Seigneur Roi de Navarre àl’aílcmblée de Montauban, composée de Princes , Seigneurs,Gentilshommes , Sc personnes qualifiées de ladite Religion : LLfut ledit Sieur de Believre, au nom du Roi, en ladite Ville deMontauban , tant que l’aílemblée dura ; lequel ledit SeigneurRoi de Navarre requiert pour témoin de ses actions, Sc désiréêtre oui & cru en tout ce qu’il a connu de ladite assemblée.Ainsi ce n’a point été , comme la leur , une convocation audéfia ou contre le gré du Roi , mais par le consentement Sccommandement de Sa Majesté même , qui l’ayant bien mûre-ment délibérée , l’a jugée utile Sc nécessaire au bien Sc repos deson Etat.
XXV.
En cette Assemblée fut dresse un Cahier général des inexé-cutions Sc contraventions de l’Edit de paix , qui fut présentéau Roi, à S. Germain - en - Laye , par Monsieur lé Comte deLaval Sc autres Députés, avec très humble requête de pourvoiraux doléances de sesdits Sujets de la Religion : fut aussi pro-mis par tous Sc chacun pour quelque attentat particulier quiíe fît contre eux , de n’en rechercher point la réparation parattentats réciproques , de peur que la témérité de quelques par-ticuliers ne rejettat ce Roïaume aux troubles , comme quelque-fois on savoir cuidé voir; mais d’en faire plainte au Roi de Na-varre , lequel la feroit entendre au Roi, qui, selon son incli-nation assez commune au repos de ses Sujets, y sauroit pour-voir de remedes convenables ; comme réciproquement le Roide Navarre leur promettoit d’embraslèr leur cause envers SaMajesté , Sc la lui représenter soigneusement, lorsqu’il en feroitbesoin , comme il auroit toujours fait par le passé , asm que,volant qu’il entreprenoit leur cause envers le Roi, ils fussentplus retenus dans les voies de la raison , fans penser aux ex-traordinaires qu’ils avoient tentées par le passe , faute de re-cours Sc de support ailleurs. C’est tout ce qui se trouvera avoirété fait en ladite assemblée , Sc rien plus que cela ; Sc le butest très évident, d’empêchcr que des attentats particuliers n®provînt un mal public , qui troublât la paix de ce Roïaume ,confirmée à la Conférence de Nerac tenue avec la Reine meru
( 66 ) Pompone de Belliévre , depuis Chancelier de France.