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Tome premier.
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144 MEMOIRES

jTg,. gneur , de palier ès Païs-Bas, où il étoit appelle par une Asti-"

Déclarai' ballade générale des Etats desdits Pais qui l’en requeroientde Henri rv' sollicitoient très instamment. Cependant il aima mieux cedetit protest. son intérêt à l’accroiííèment de ce Roïaume , que de différer»es Ligue s. ou oaarcùander tant soit peu , pour le notable bien qui en eujjpû venir en son particulier. Il fit donc la paix, Paccepta à tel-les conditions qu’il plut à Sa Majesté lui accorder pour faci-liter la conquête desdits Païs, 6c pour y aller lui-même fi SaMajesté l’eût eu pour agréable. Ceux-ci, bon François, pourempêcher que la Flandre ne soit conjointe à la France , lors-que les Ambassadeurs des Païs-Bas l’offrirent au Roi à tellesconditions qu’il eut voulu , prêts à recevoir la Loi de lui , prêtsà mettre dedans leurs Villes telles garnisons 6c Gouverneursqu’il lui plairoit , pour l’en empêcher , troublent son Roïau-me , mutinent son peuple, commencent la guerre en pleinepaix.

XXXIV.

Quelle puissance a eu le Roi de Navarre depuis tout ce tempsquelque mécontentement qu’il peut concevoir du traitement,qui, à la sujection de leurs assemblées , lui a été fait, il le laisseà la considération de tout le monde, étant reculé du Roi, fansautorité en son Gouvernement, non-payé de ce qui lui étoitdû , trop moins respecté en ses affaires que le moindre Capi-taine du Royaume, ( soit dit sans reproche ôc pour la simplevérité de ses déportemens ). S’il n’eût non plus ressentile mal du peuple, que font aujourd’hui ceux de la Ligue , étantce qu’il est , c’étoit pour perdre ledit peuple entierement. Maisil est François, & Prince François, membre de la France ,qui sent ses douleurs 6c le deuil de ses plaies : diminution d’ail-torité , faute de faveur , intérêt particulier , n’aura jamais pou-voir de le faire dépiter contre soi-même : chose propre à ceu*qui n’y sont qu’entrés légèrement, aux jambes de bois , ôc au*bras postiches , qui ne sentent quand le corps se brûle, auxquelson peut bien donner l’extérieur , non l’intérieur , non le mou-vement , non le sentiment de vrais François fur ces remuemenSqu’ils déclarent 6c protestent être directement contre lui, s’at-taquant à fa personne , à sa vie , à son honneur , à sa conscien-ce propre , les voïant armés , se saisir des Villes au milieu d?son Gouvernement, enveloppé d’eux , irritant sa patience in-cessamment , s’il n’eût respecté le Roi plus que son propre dan-