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Tome premier.
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1585.

Reponseees Guises aun Avertis-sement.

158 MEMOIRES

lement un feu qu’il ne pourra éteindre dans les Provinces deson Roïaume , mais dans les maisons particulières 8c dans lescœurs de ses Sujets. Le Roi puis après marchant à la tête deson armée, desquels se gardera-t-il plutôt, ou de ceux qui se-ront derriere lui pour le tuer, comme par tant de fois ils onttâché faire, Pont entrepris ? ou de ceux qu’il aura en front,lesquels s’ouvriront plutôt, 8c leveront les bois , que de tou-cher fa personne, leurs armes n’étant point duites ni prises pouroffenser le Roi, comme sont celles des ennemis de Dieu 8c del’Eglise ,. entre les bras desquels s’il se jette , il ne doit attendrequ’une subite mort ,une ruine 8c désolation de son Etat ? Et laraison de ceci est qu’iceux Hérétiques demeurant maîtres 8c su-

f >érieurs , si dès l’heure même du combat ils ne mettent à morte Roi après la victoire obtenue , ils le priveront de son autori-té , sans doute , ou attenteront à fa vie.

Que la volonté des Hérétiques n’ait été telle jusques ici, cha-cun le peut considérer qui fait que la lance au feu Prince deCondé en la rencontre de Jarnac ne cherchoit pas plutôt l’es-tomach du Roi, que nul autre; que l’épée du feu Amiral en labataille de Moncontour n’étoit pas tirée pour la baigner au sangde sa Majesté : que tous les Hérétiques ne miroient pas fa tête8c ne souhaitoient pas. ía mort plutôt que nul autre ; 8c ceux le sa-vent vraiment,qui lors ont combattu avec le Roi, qui Pont relevéde cheval, 8c ont été ministres 8c auteurs en partie de fa victoire.

Or, que lesdits Hérétiques changent d’opinion lorsqu’ils severront audeíliis de leurs affaires, icelui-là seul le peut compren-dre qui sait si tels personnages pardonnent à leur ennemi quandils le tiennent foulé à leurs pieds , 8c à un tel ennemi encorequi fans cesle leur a fait la guere , les a rompus , poursuivis 8Cdomptés, comme a fait le Roi, duquel la mort 8c la fin est lecommencement 8c la vie de leur autorité , 8c qu’ils n’ignorentpoint être vrai Catholique en son courage.

Le Chef mis à bas, que peuvent esperer les Catholiques tie-des 8c fiottans en leur foi, lesquels ayant combatu pour les Hé-rétiques , auront combatu contre eux-mêmes, sinon que les Hé-rétiques étant venus au sommet de leur puiílance , 8c où il y asi long-temps qu’ils s’y désirent, 8c se promettent quasi déja être,rendront avec usure aux Catholiques ce qu’ils leur ont prêté parci-devant ; c’est-à-dire, ils ôteront des Gouvernemens, ChargesLc Offices, tant de Judicature que de Finances, 8c des Etat par-ticuliers des Villes ceux qui ne seront de leur Religion j 8c eni'