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Tome premier.
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1 5 ^ V

Propgsit,x> u Roi aHenrï IV.

XIX MEMOIRES

Que pour l’amitié singulière qu’il porte audit Seigneur Roide Navarre , Sa Majesté désiré le voir réuni à PEgliíe Catholi-que Romaine , tant pour le bien de sa conscience , que pourle danger qu’il y a que tous les Catholiques de son Roïaume, de-ja bandés pour le fait de la Religion , ne vinflcnt à le troubler,ôc s’opposer du tout à son établiílèment, si tant est, le tenantcomme pour fils 6c heritier de la Couronne , qu’il vînt à y suc-céder.

Lesdits Députés Pont voulu persuader de la part de Sa Majestéd’bter P exercice de la Religion réformée pour les six mois portéspar l’Edit ; dans lequel temps on ne rejetteroit les expéditions quile pourroient offrir pour le contenter, ôc ont donné sentimentde vouloir consentir un Concile, sans en avoir ouvertementparlé.

Ils ont requis la reddition des Villes de fureté.

Surquoi ledit Seigneur Roi de Navarre, après les remercie-mens très humbles de la bonté que le Roi montre à son par-ticulier , a répondu que s’il eût plu à Sa Majesté lui faire cethonneur de íe servir de sa personne, 6c de ses bons Sc fídeleSSujets de la Religion , contre ceux qui fous un faux prétexteont deíîìgné la ruine ôc dissipation de son Etat, il eût témoi-gné que son affection ne manque en rien à sa sujétion naturelle/ni au devoir où Phonneur de lui appartenir de si près Poblige.

Sur le désir que Sa Majesté a de la réunion du Roi de Na-varre à PEglise Romaine, lui proposant le bien de son ame,LC bien particulier qui lui pourroit avenir:

II le supplie très humblement de considérer combien il ltUseroit mal-séant qu’ayant été nourri ÔC élevé en la Religion re-formée sans y avoir connu erreur quelconque, ôc pour la dé-fense de laquelle il a été employé tant de temps, ôc tant desang répandu, il vînt à s’en séparer.

Qu’en ce qui concerne sa conscienece, il posposera toujoutfles biens, honneurs, ôc toutes les saveurs mondaines qui h lípourroient arriver ; ôc néanmoins il a offert par fa protestationçi-devant publiée , qu’il est prêt d’entendre à ce qu’on lui mon'trera faillir , ôc s’en remettre à un Concile libre.

Pour la reddition des Villes de fureté, l’on a rendu telle &condition de ceux de la Religion , que tant s’en faut qu’ils de'sirent quitter les Villes qui leur ont été baillées en garde, q 11 * 1P exemple de leurs ennemis ils en pourroient justement dem^n'der de meilleures , vu les préparatifs qu’on fait pour les ruines