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Rîmontr.
BBCx-ERGÉ
deFrance
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r6o MEMOIRES
Et quant aux biens dc i’Eglise , S i r e , je suis honteux &vous dire qu’ils semblent n’avoir été baillés à l’Eglife , íînostpour les prendre à toutes occasions, Sc pour s’en servir sous cou-leur de feintes nécessités.
Plusieurs font qui se disent Catholiques , Sc veulent être vusgrands zélateurs de la vraie Religion , lesquels toutefois ne de-mandent autre chose , sinon la dissipation des biens de l'Eglise,ne considérant qu ils font sacrés à Dieu, lequel en est le Seigneur& propriétaire, Sc Jesus-Christ qui est l’époux de l’Eglise ; quelesdits biens font les vœux des Fideles , le prix pour rachetésles péchés, patrimoine des pauvres , l’alimcnt Sc entretien desServiteurs Sc Ministres de l’Eglise.
Pour cette cause, l’Empereur Charlemagne déclare en unesienne Constitution, rapportée par l’Abbé Ansegise en ses Cha-pitres , qu’il veut non-feulement conserver lesdits biens à cha-cune Eglise ; mais aussi de beaucoup les augmenter,d Donc, Sire, vous pouvez allez connoître combien l'opi-mon de ce saint Sc vertueux Empereur est distèrente de celteque plusieurs ont aujourd’hui , qui osent avancer que vous êtesSeigneur des biens de l’Eglise , qu’à toutes occasions en pouvez,selon votre volonté , disposer , comme biens appartenant à vo-tre Couronne , Sc étant de votre Domaine,
Plus favorable a été à la Synagogue des Païens SymmachusPrévôt de Rome , Payen, lequel dit être le devoir d’un bonPrince de s’augmenter , non avec le dommage des biens dédiésaux Prêtres, mais par les dépouilles des ennemis.
Sire, le bien immeuble de l’Eglise doit être en telle sortsconservé , qu’il ne doit être non plus aliéné que la même Eglise.Et tant s’en faut que vous puissiez vous approprier indifférem-ment du bien acquis a 1 Eglise ; que vous ne pourriez raisonna-blement & justement prendre & vous accommoder de celui quepar la libéralité de vous ou de vos Prédécesseurs, l’Eglise au-roit acquis. A Dieu ne plaise, dit le même Symmachus , quetelle opinion entre en l’esprit d’un bon Prince , que ce qui a étédonné au public à aucune personne , soit estimé demeurer en tepuisiance Sc droit du fisc Sc du Prince pour le pouvoit ôter &s’en approprier. Ce qui est destiné pour la nourriture des Prê-tres Sc Pontifes qui président en la Religion , dit le mémeSyfl 1 "machus , doit être plutôt estimé pour remede Sc foulas de ceuXqui donnent, que largeíles faites aufdits Prêtres Sc Pontifes.Par les Constitutions Impériales est expressément défendu que,