MEMOIRES
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LETTRES
DU ROI DE NAVARRE ,
A MeJJîeurs des trois Etats de la France 3 & à MeJJieurs de &
Ville de Paris.
A MESSIEURS DU CLERGE \
1VÍ.E s s i e u r s , je me plains à vous en corps 8c en commun,Lc si ne puis-je croire que soyez menés d’un même esprit, en cequi se brade contre moi. Vous ne pouvez ignorer de quelle mo-dération j'ai toujours usé en votre endroit, même en la rigueurdes armes. N’ignorez auísi les justes nécessités qui m’y auroientquelquefois réduit, 8c m’asture qu’en vos âmes vous en savez biefldonner le blâme à qui il appartient. Tant y a que je n’ai ost ctroublé la paix, de gaieté de cœur ; ains puis dire avec vérité ,que j'ai donné mes justes douleurs 8c mécontentemens ( 8c enbeaucoup de fortes ) au bien 8c repos de cet Etat. Ceux , Mes-sieurs ( si vous y prenez bien garde }, que vous assistez de vo$moïens pour ma ruine , n’ontpas procédé de même forte. D'uneambition particulière , ils ont fait un zele de l’Eglise ; de leutfmécontentemens privés, une guerre publique. N’ont fait conscience , au reste, d’allumer le feu aux quatre coins de ce RoïaU'me , pour se donner ce plaisir d’avoir mis le Roi en quelque peine»d’avoir su venger les défaveurs qu’ils s’imaginoient avoir reçuesd elui , par une calamite universelle. Dieu vous veuille ouvrir le$yeux, 8c vous faire voir le fond de leurs intentions. Je ne crains( 8c Dieu le fait ) le mal qui me peut venir, ni de vos deniers , fl 1de leurs armes. L’un 8c l’autre ont été ja employés asiez de fa lSen vain, Je plains le pauvre peuple innocent qui souffre presq uetout seul de ces folies. Je plains même un grand nombre d’entf 5vous, qui contribuez à l’ambition de ces perturbateurs , vq aSde votre pauvreté , eux à peine de leur abondance. Je plains pr 1 * 1 'ci paiement la faute que vous faites tous , les uns d’une adon, 8c les autre d’une autre, qui aurez un jour à répondre fce Roïaume 8c à votre patrie des miferes ôc des précipicesvous les jettez à vos dépens. Vous qui deviez être , selon vo£ re