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Tome premier.
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DE LA LIGUE.

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i;86.

REMONTRANCE

AUX TROIS ETATS DE FRANCE ,

Sur la guerre de la Ligue *.

[UE ssieuîlS, on vous avoir affez avertis par ci-devant qncj 1 Ligue feroit cause de grandes calamités en ce Roiaume , & ne

,koic pas grand mal ( quoiqu’elle vous promît) au Roi de Navarre*** aux siens. Audi a-t-elle été faite contre ce Roiaume propre-ment , & pour telle reconnue premierement du Roi, & de vous^°us;le Roi deNavarre,comme il en relient en foi le moins de mal,^ vous le principal, n’en étoit que la couleur & le prétexte.

Le pi s e st que vous ayez mieux aimé le voir que le prévoir , lejfttir jusqu’au vif que le croire. Encore , certes, que je fais quet>e aucoup d’entre vous ont servi de Caíîandre à Troyes ( 87),P e u autorisés pour détourner le mal, prou prudens & avisés pour* e prédire.

Les Auteurs de cette Ligue, pour vous faire entrer en cetteguerre plus facilement, vous en propofoient une facilité trèsgrande. Ce n’étoit que pour trois jours à faire, les meilleuresPlaces ne dévoient pas soutenir le seul bruit de leur nom ; le Roide Navarre au reste étoit bloqué incontinent, & ne restoit queL>n épitaphe à faire , & si quelqu’un ofoit remontrer vingt-cinqmis mal employés en ce même dessein , c’est-à-dire beaucoup dete ms perdu à nous perdre, c’étoit crime & hérésie formée , èclìe manquoient ces répliques ordinaires, que la Ligue qui s’en-^eprenoit étoit tout autre chose ; que ces Chefs y savoient bienû a utres si n estes ; 6c la violence les faifoit valoir pour la raison.

^■epréíentez-vous ici , Messieurs, les progrès de leurs affairesîn un an mesurez par une année toutes les autres,encore que leur^’acipale ardeur s’en va évaporée , leur colère convertie pour

C et Ecrit est de Philippe du Plessis-í Ct rn ?y : il est au Tome I. de ses Mémoi-d,'," 4 °- Pag. 7 06 .

Tr 7 ! Cassandre, fille de Priam , Roi de<|iij Ou dit qu’elle fut aimée d’Apollon,ap r £ s 1 âouua le don de prophétie ; mais,avoir reçu ce don, elle refusa de con-

sentir à ce qu’Apollon exigeoit d’elle. Enconséquence, Apollon voulut qu’on n’ajoutâtjamais foi à ses oracles, dont on fe moquaen effet, lorfqu’elle annonça par avance lesmalheurs de Troye. Voyez Homere , en di-vers endroits de {'Iliade & de l’Odystée, ZcVirgile, au second Livre de l’Enéide.