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z66 MEMOIRES
~ averti le Roi Charles IX, Prince chatouilleux de son honneur 8£de ceux de son Sang, lui fit dire par Monsieur le Grand-Prieur,£ que s’il prétendoit brancher si haut , il l’abbaiseroit en sortequ’il serviroit d’exemple à la postérité ; voire si dans deux nio lSil ne se marioit, qu’il le dagueroit de ses propres mains. Les me-naces d’un'si grand Prince refroidirent les bouillantes affections*du Lorrain , qui fit tant par ses journées , 8c à la faveur de ff samis , que dans le terme à lui prescrit par le Roi, il épousa l‘ aveuve de feu Monseigneur le Prince Portian : comme aussi de'puis son second frere prit à femme la veuve de feu Monsieur deMontpesat : Mais plutôt tous les deux épousèrent les grandsbiens de ces deux Dames, pour donner lustre à leur petitesse-D’entrer au discours des Tragédies jouées à leur instance sousCharles IX, ce seroit rafraîchir une plaie encore par trop san-glante. Et qui sans larmes pourroit regarder la France rempliede sang, de cruauté , de ruine , de désolation , de perfidie? Enfinle Cardinal ( duquel la vie pleine de dissolutions étoit puanteaux Athéistes Sc Epicuriens ) montant en Avignon , laissa leTriumvirat de ses neveux, qui façonnés à son leurre, n’ont enrien démenti ses actions, jusqu’à être impatiens de compagnonsde cour, 8c haïr ceux en qui Sa Majesté avoir assis son affection 7le Seigneur d’O , bien avant monté ès bonnes grâces du Roi 7en étoit regardé de mauvais œil ; mais il ménagea si bien fa for-tune , qu’ils ne purent avoir prise sur lui. Le Seigneur de Saint-Maigrin fut mortellement heurté de leurs cornes , voire fur leSportes du Louvre. Mais le Vicomte de Riberac ayant encoursl’indignation du Roi, par la mort des sieurs de Chelu Sc de MaU'giron, ne trouva , blesse qu’il étoit, meilleur asyle que la Masson
de ceux de Guise,qui sembloient servir de contrepoids à f autoritédu Roi.
Depuis , pareeque feu Monseigneur leur étoit une fâcheuseépine au pied , ils dressèrent partie contre lui ; le sang de Sascede, exécuté à Paris, en parle encore, 6c la vérité de fa dépositionse montre à nu en ces remuemens. Qu’est-ce donc qu’ils n r aien centrepris fur la France à la persuasion des occasions ? Quel Princequelle grandeur n’ont-ils voulu entamer ? Car le Roi même, de§secrets duquel ils ont fait trafic, a été par eux vendu à l’Espa-^nol comme chair à la boucherie , Sc tirant toujours contre h lía feu couvert, ont mis en œuvre toutes les méchantes invention 5que leur mauvais génie leur a présentées , pour faire régner len rSpassons, sinon en tems calme ôc serein > dn moins durant l a