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Tome premier.
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M MEMOIRES

„cette autorité , cn Pan du Consulat de P. Cornélius (s) Lentulus,' ' & M. Bebius Pamphilus, fit publiquement brûler les livres de Nu-

a n t t- ma comme mal-sentans de leur Religion. Ce que fit aussi depuisConstantin des livres d’Arrius : car de main en main la puissancede tenir Conciles , & faire policer les Eglises , vint aux Empe-reurs , ainsi qu’on peut recueillir par les Ordonnances de Cons-tantin , Gratianus , Honorius , écrites au premier du Code deJustinian , qui disoit n’avoir pas moins de foin de l’Eglise quede sa vie , ôc duquel nous lisons dix-sep t Constitutions fur ladiscipline ecclésiastique. Comme aussi nos Rois fur le mern®sujet ont bâti plusieurs belles Ordonnances, notamment Charle-magne , & Charles septieme , qui, le 13 de Juillet 1438 , fit pu-blier à Paris la Pragmatique Sanction. Et de fait , comme dseIsidore, les Empereurs &. les Rois tiennent les premiers rangs enl’Eglise, de laquelle ils font nourrissiers, selon Isaïe , chap. 49 -qui étoit cause qu’anciennement les charges plus grandes de l’E-glise étoient déférées , les jeûnes commandés , &C les Concilesindits par eux : Que Boniface I supplia l’Empereur Honorius d’ot-donner qu’on procédât légitimement à sélection des Pontifes deRome : Que Pelagius premier jura ès mains deRuffin Ambassa-deur de Childebert Roi de France : Que Léon IV protesta qu’ilvouloir garder les loix de Lothaire , & que Saint Grégoire Rap-pelle serviteur indigne de l’Empereur Maurice.

Mais depuis que les Papes ont commencé à goûter la dou-ceur du monde , ils s’en font voulu rassasier aux dépens de l’aU'torité des Rois des Empereurs, lesquels, nonobstant qu?selon saint Paul, toute ame leur devroit être sujette, ils on cvoulu assujettir à la crosse de Rome : en quoi leurs entreprise 5réussirent tellement que les Rois d'Angleterre, d’Arragon , deNaples , de Sicile, de Hierusalem, de Pologne , de Sardaigne,de Corse, des Canaries, furent feudataires ou tributaires de§Papes ; de forte que le Clergé même, voyant qu’ils donnoieu ctrop avant en la jurisdiction temporelle , & que souvent seu fambition ouvroit la porte à plusieurs schismes , a été contrai# 1 'de les tenir en bride , & les Empereurs de mettre frein à le#^insolences , comme firent jadis à Rome les Patriciens, qui ^

( 96 ) U faut, P. Cornélius Cethegus,& M. B®bius Tamphilus. M. Rollin , Hist.Rom. tom. I. pag. 148 , dit que Petilius,Préteur de Rome , qui avoit pris lecture desLivres trouvés dans le Tombeau de NumaPompilius, ayant rapporté au Sénat, qu il

ne croyoit pas qu’il fût à propos de les ren^publics , ni de les conserver , pareequ 1contenoient plusieurs choses capables de nu>

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à la Religion , ils surent brûlés par ordreSénat dans la Place publique, en prelePdu Peuple.