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Tome premier.
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4i6 MEMOIRES

~ servie au trafic de marchandise du Nombre de Dios , & ès au-1535. tres li elix de ladite Province , Lc les Habitans y étant beau-rR^DRAckï 6 cou P P^ us riches Marchands. La Ville de S. Domingo , est la' plupart habitée d’hommes de Justice & de Gentilshommes, étantla principale Cour pour plaider en ce Païs-là , ôt pour toutes lesIstes circonvoisines.

L’avertiílement que cette Ville reçut de la prise de S. Domingo ,par l’espace de vingt jours, devant que nous y arrivames, futcause qu’ils s’étoient fortifiés de tous côtés , Lc préparés pourleur plus sûre défense ; comme auffi de transporter de-là toutleur trésor Lc principale substance.

Six semaines après que nous eumes demeuré en cette Ville-,nous fîmes voile ; &c comme nous avions fait déja le cheminde deux ou trois jours , un grand Navire que nous avions prisà S. Domingo , Lc que nous nommions les Etrennes , vint àprendre eau outre mesure , étant chargé d’artillerie, cuivre Scautres dépouilles ; & la nuit perdit la Flotte. Or , le lendemainau matin notre Général 11e le pouvant découvrir , il distribuafa Flotte pour le chercher, craignant que quelque malheur nelui fût survenu : de fait, son letuge étoit si grand, les Mari-niers si rompus de tirer la pompe, qu’ils n’en pouvoient plus;la Barque Tallebot de bonheur demeura derriere pour raccom-pagner , ôí étoit déja prête d’en retirer les personnes, pour lessauver.

A la fin donc on la retrouva ; & le Général, averti du granddanger, reprit la route de Cartagena avec sa Flotte. On y paíïàhuit ou dix jours , pour la décharger & départir les hommes quiy étoient , en d’autres Vaisseaux : puis incontinent on se mitderechef fur Mer , droit vers le Capo S, Antonio , étant la par-tie la plus Occidentale de Cuba , où nous arrivames le vinot-septiene Avril ; mais, à cause que seau fraîche ne se peut sou-dainement trouver, nous levâmes l’ancre , Lc partimes , pensanttrouver & recouvrer de bries les Matances , qui est une Placevers l’Orient, de-là à Havana. Après avoir vogué quelques qua-torze jours , nous revinmes derechef au Capo S. Antonio , parfaute de hon vent ; mais la nécessité fut alors si grande, qu’ellenous fit plus diligens à chercher de l’eau , que nous trouvâmesà suffisance, n’étant qu’eau de pluie ( comme j’estime ) afsetn-blée en terre hafse ou marécageuse, à quelques trois cens pasde la Mer.

Je ne dois obmettre le devoir du Général en cet endroit »

lequel