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Tome premier.
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VOÏAGE DE

Fr. DraIce.

500 MEMOIRES

ques six degrés vers le Nord, Sc fut nommée par la Reine d’An-gleterre , la Virginia.

Quand nous vînmes vers S. Helena , les bancs de fable étantfort dangereux, fie n’ayant Pilotes pour faire l’entrée, il noussembla bon de passer outre : car l’A mirai avoit été ladite nuità quatre brasses fie demie , étant trois lieues de la Côte ; tou-tefois il nous fut dit, que , par l’aide d’un bon Pilote , qu’il ypeut entrer Navires de plus grand Portqu’aucuns de notre Flotte;ainsi nous passames tout au long de la Cote , qui est peu pro-fonde pour une lieue ou deux de la terre , fie la Côte estbastè,Se terre rompue en une infinité d’Iíîettes la plupart.

Le neuvième Juin , à la vue d’un fort grand feu , qui est fortordinaire tout au long fur cette Côte,depuis le Capo de la Florida ,le Général envoya fa Patache vers terre , où ils trouvèrent au-cuns de notre Nation Angloife , fie en amenerent un à bord ; parl’intelligence duquel nous allames au lieu qui est leur Port ; maisnos Navires n’y pouvant entrer, jetterent l’ancre au dehors,ou ils endurèrent grande tempête , laquelle commença le len-demain d’après que nous y fumes arrivés : la tempête fut si gran-de , qu’aucuns des nôtres furent contraints prendre la Mer, dontaucuns retournèrent avec nous, fie autres furent contraints deprendre le chemin d’Angleterre.

Le Général, avec le consentement de fes Capitaines, fit ossreà Monsieur Rauf Lave , Général des Anglois de Virginia , d’af-íister à plusieurs de ceux qui auroient faute de choses nécessai-res , fie auífi de lui laiíler un Navire fie une Barque pour re-tourner en Angleterre , en cas que , dans un mois , ou peu.après , ils n’euíïent aucun aide pour suppléer fie subvenir à leurdéfaut, étant en tout cent cinquante personnes ; mais la pau-vreté étant si grande qu’elle ennuyoit à la plus grande part d’eux,-ils requirent d’être à l’instant emmenés : ce qui ne leur fut re-fusé ; fie par ainsi étant dispersés par toute la Flotte , ils vin-rent avec nous. Et ainsi , Dieu merci , tant eux que nous, ar-rivâmes en bonne fauveté à Portfmouth , le vingt-feptieme Juil-let 1586. Dont la gloire en soit à Dieu, lequel a fait prospérerce voïage, fie non fans grand honneur à notre Princeíïè , à notrePaïs, fie à nous-mêmes.

La valeur fie somme totale de tout ce qui s’est acquis en cevoïage , est estimée à soixante mille livres sterling, dont la Com-pagnie de ceux qui ont été en ce voïage, doivent avoir vingtmille livres. Nous avons perdu environ 7 J o hommes audit voïag c *