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-— pernon , ne preste le Roi de Navarre de lui céder son Gouver-
1 ^ 2 ’ neraent de Guyenne , & qui plus*est, de lui bailler Madame ladur D l- S< Voïa S P r ^ ncc ^ fèeur en mariage, ainsi que ci-devantil a fair ce qu’ilsu Roi a la a pu envers M. de Montmorenci pour lui faire céder son Gou-Cour. vernemenr de Languedoc au Duc de Joyeuse, Lcn'a fait conscien-
ce d’écrire à M. de Lorraine , pour faire épouser audit Duc d’E-pernon la Princeílè de Lorraine, sa Nièce : choses qui fans douteoffenseroient tellement le cœur du Roi,de Navarre , qu’il re-gretteroit de jamais y avoir mis le pied , 8c que toutefois il nepourroit refuser brusquement 8c tout à plat, sans sc mettre enmanifeste danger de sa vie : dont enfin le Roi de Navarre seracontraint de s’arracher violemment de la Cour, au lieu d'e s’endécoudre, comme Monseigneur, la derniere fois qu’il en par-tit , lequel depuis n’a pu rentrer en confiance avec le Roi. Or ,difent-ils , il vaut trop mieux n’y aller point, que d’y être ou enrevenir mal. Et qui peut espérer que le Roi de Navarre y puisteêtre bien en telle confusion , vu ion courage 8c fa magnanimi-té , vu auffi les dignités qu’y tiennent ceux-là , 8c les indignitésqti’ils y font aux plus grands ?
Et quant au danger, que ceux qui conseillent le voyage pré-tendent être nul, répondent qu’à la vérité , de la part du Roi,cette opinion ne doit légèrement entrer au cœur , 8c croientque sa volonté en est à présent très éloignée ; mais désirent auístqu’on considéré , que ceux qui pensoient par une grande fami-liarité être entrés dans le cœur du feu Roi Charles , n’y avoientrien lu de semblable ; que même les deíleins du Pais - Bas ,qu’il affectionnoit, y étoient du tout contraires ; 8c que non-obstant, l'opportunité qui lui fut représentée par quelques per-nicieux esprits, le tenta tellement, qu’il fit chose à laquelle peude jours auparavant on eut fait conscience de penser , 8c lui-mê-me en eût eu horreur. Et qui doute qu’il n’y ait encore desemblables Gens auprès du Roi, qui lui diront qu’il tient leChef de la guerre civile de son Roïaume entre ses mains ? Etlui rameuteront les promptitudes du Roi de Navarre à pren-dre les armes , les pratiques mêmes que nous avons faites depuisla paix ? Des Jésuites auísi , qui, anufans de fa superstition SCconscience , lui promettront plénicre rémisiion de tous péchés patce sacrifice ? Et puis un Cardinal Borromée se fourrant à la tra-verse ; qui ne voit la chose en péril évident, si le Roi n’apporteune grande fermeté au contraire ?
Laiílbns le danger de la vie , difent-ils. Quand Monseigneur