5*4. MEMOIRES
j-g, Moscovie , après les avoir pieçà établis en Italie , Espagne, Al-lemagne , France , 6cc., où ils prennent racine de plus en plus.a ^ eS -à^A^ois n’en font moins informés que les autres , par les
Segur. menées qu’ils ont découvertes en leur Etat, desquelles ils étoient
auteurs. Il a auíîî octroyé au Roi d’Espagne la jouissance desbiens Ecclésiastiques de tousses Etats : ce qu’il ne fait pas qu’enespérance d’un accroissement pour son Eglise , trop plus grandeque cette diminution. Bref, il a plus accru la Papauté par sesdouces menées 6c pratiques, que son Prédécesseur par ses ri-goureuses procédures 6c persécutions ; 6c a ratteint ce point parses diligences , que son Conseil est aujourd’hui comme l’affinoirde tous les deilèins 6c conseils des Princes qui adhèrent à la Pa-pauté.
Quelle est l’intention du Roi d’Espagne , nul n’en peut dou-ter. Il est conçu , né 6c élevé en l’Inquifition, qui est la gehennede la Papauté, 6c en a été principal exécuteur jusques aujour-d’hui. 11 a persécuté tous ceux qui en ont rejetté le joug , mê-me s’est tnis en hasard d’en perdre ses meilleurs Païs ; n’a gloireau reste , que de se dire Fils du Pape 6c Protecteur de l'EgliseRomaine. Mais particulièrement les Anglois ne peuvent douterde la haine qu’il porte à leur Etat, 6c de Eenvie qu’il a de leurprospérité , vù les menées qu'il leur a bradées, tant en Irlandeque par Ecoíïè , 6c en leurs entrailles mêmes ; vû aussi les tortsqu’il prétend avoir reçus de la Reine d’Angleterre, qui a enplusieurs instances endommagé ses affaires , 6c rompu le coursde ses succès par le secours qu'elle a donné , tant à ces Sujets desPaïs-Ras, qu’au Duc d’Anjou pour eux : bref, vû qu’elle a prê-té l’oreilíe à toutes négociations contre lui, 6c en tout temps ,encore qu’elle ne soit point venue jusques aux pleins effets , tan-tôt en le menaçant d’une alliance avec les François, tantôtd’une protection des Flamands, Sc tantôt du secours de DomAntonio, jusques à avoir envoyé sonder 6c épier le fond desIndes, c’est-à-dire, les plus secrets mystères de l’état des Es-pagnols.
Or, même jugement pourra-t-on faire de l’Empereur, étantde même Maison , nourriture 6ç superstition , Autrichien, Es-pagnol 6c Jésuite , dépendant aussi de l’autorîté d’Une Mere trèsennemie de notre Religion 6c des moyens du Roi d’Espagne ,fans lésquels if ne peut subsister , pour les dettes 6c affaires ès-quelles il est enveloppé : sauf que la nature de l’Etat d’Allemagne-le contraint d’attremper son humeur , Lc de patienter ^ bien