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Tome premier.
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DE LA LIGUE. 56;

.qui se dévoie faire en chacune Province , nommément en Bour-gogne S C Champagne , quand M. de Savoie se présenteroitsur la Frontière , & sembla croire aisément ce qui lui en fut dit,& en avoir déja senti quelque chose.

Quand il eut fini, il témoigna en paroles fort expresses vousen savoir grand gré : qu’il s’en reíTouviendroit toute fa vie :qu’en conservant le sien , vous conserviez le vôtre : que parti-culièrement il le reconnoîtroit envers M. de Châtillon , leCapitaine Beauregard. Je lui répondis que le salaire que Y. M.deíiroit, étoit que S. M. connût votre íincere ôí fidele affec-tion : qu’on lui avoir dit que vous traitiez avec 1 c Roi d’Es-pagne, par certaines personnes interposées , ce qui étoit vrai ;mais que S. M. se pouvoir reíîôuvenir qu’ellc savoir trouvé bon ,&C que de sois à autre on savoir avertie de ce qui s’étoit passé :particulièrement, que vous ne lui vouliez celer , que depuis peuvous auroit été déclaré, de la part du Roi d’Espagne, que fi vousvouliez , on vous donneroit le moyen de lui faire la guerre, &:qu’on le vous continueroit, jusques à vous mettre la Couronnefur la tête ; mais qu’il étoit temps de vous résoudre : sinon, qu’ilavoir son Marchand prêt en France ; &c lui dis que ces proposm’avoient été tenus à moi-même. J’apperçus qu’il s’émut, &prit grand pied là-deffus : qu’il ne falloir pas tant s’arrêter à laconsidération du mal, qu’à la provision du remede : que le tempspressoir, & que je n’avois parlé à homme de quelque qualité , enla bouche duquel je n’euste trouvé quelque chose pour me con-former en cet avertissement : que V. M. le supplioit très hum-blement, venant à penser aux remedes, de se ressouvenir devous entre les premiers pour vous y employer, & que vouseuífiez cct honneur d’y donner des premiers coups, commeDieu vous avoir adreííe l’heur d’avertir le premier : ce qu’il mepromit dc faire, avec paroles fort affectionnées : que quelques-uns des Principaux des Eglises de Languedoc & Dauphine , s’é-toient apperçus de ces menées, & s’employoient à les rompreen tant qu’en eux étoit, en divertissant ceux de la Religion , desquels les esprits pouvoient être émus fur le temps de la resti-tution des Places ; mais, qu’outre cela , particulièrement ilsavoient prié M. de Châtillon , de vous supplier de faire entendreà S. M. qu’ils ne desiroient que matière de lui montrer com-bien ils font bons François, Sc qu’ils étoient prêts en une telleaffaire , de répandre aux pieds de S. M. ce peu que les miferes ci-viles leur ont laissé de sang & de moyens : comme aussi particu-

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Lettred e M- D u-PLESSIS.