ÎV P R E F A C F.
râble : on ne voïoit point d’étoiles, en apparence legrand Gouverneur ( à savoir Christ) íòmmeiiloit;les Sous-maîtres Sc Serviteurs dormoient, ou couroienttrop de fois fur le coté, panchant au naufrage. Or s’est-il encore trouvé quelques Passagers , qui ont éveillé leSeigneur, qui Pont prié de commander aux vents &aux vagues : Il Pa fait. 8'il en a été reconnu, les mou-vemens íuivans le montrent, Sc les flots irrités , fur les-quels le Navire branle, en font foi. Quel orage fût~ce,à votre avis, ce deuxieme voïage Sc ravage de l'ArméeEspagnole en Normandie ? Sc quelle merveille du Tout-puissant, qui fit que tout cet effort ressembla propre-ment au flux de l’océan, qui fait peur aux plus assurés,à P approche du rivage, où s’étant rompu contre Pa-rêne, il s’en retourne, chassé par la voix secrète duCréateur ? Ainsi cette Marée accourue des Pais - bas,pour engloutir une autrefois la France, fut, en peude jours , renvoïée honteusement en ion lit ; Scvit - on que ce n’étoit que vile écume devant DieuSc les Hommes. Ce vent furieux d'Assemblée d’Etatsde Paris , pour amonceler de nouveaux déluges demaux, Sc ensevelir le Roïaume dans un gouffre de mi-sères indicibles, choqué comme de foi-même, a re-poussé ceux qui pensaient s'avancer fous la violenced’icelui. Tout ce succès est procédé du commande-ment de ce grand Dieu, lequel, étendant íà main, a ditaux vents : Tenez-vous cois, Sc aux vagues, Taifez-vous,Nous avons fouventefois ramentu (i) à nous-mêmesces Vers du sage Salluste ( 2 ), Sc crié au grand Patron,
Toi, qui guides le cours du Ciel porte flambeaux,
Qui, vrai Neptune , tiens le moite frein des eaux,
(1) C’est-à-dire j Rappelles , remis en notre mémoire.
(r) C’est-à-dire , Salluste du Fartas, Poète François,