20 MEMOIRES
-- cadie , vû que de celles-là le poison étoit tellement recellé,
l ^9 I - que ni la saveur, ni l’odeur, ni la couleur, ne vous en don-RrM ?s TR- noient aucun dégoût ; de cette potion la crade , le fiel, Pa-ìEstiu. mertume , Ja puanteur nous allant de primc-racc. Car pourquoidcmeurerai-jc à vous dire , qu’il est très incertain que le feuRoi, que Dieu absolve, fut le soixante-troisieme ? Qui cid ce-lui fi longtemps vagabond de errant aux Histoires des païs loin-tains , qui veuille vieillir étranger en sa patrie , Le ne pointprendre la lecture des annales de la France ? Quiconque enviendra-là, rencontrera une irréconciliable divorce entre lesEcrivains. En ce qu’aucuns commencent de plus haut le scep-tre des François , les autres , pareequ’hors de-là où ils ontourdi cette toile , n’ont rien pu remarquer de certain , forcepassages à perte de vue , force ombrages touffus, rien qu’ilsaient pu discerner, ont pris la naiílance de cet empire où ilsen pouvoient le mieux répondre, comme les Grecs de The-Feus, les autres y ont ajouté les âges Lc branches de ceux quiy quereloient quelque prétention , les autres non. Autres ontpaíle ceux de qui la durée èc la vie a été comme mort née, &moins que paffàgcrc. Autres en ont compté deux ensemble pourun, de sorte qu’ils n’y peuvent affider aucun arrangement, &nul de tous les Authentiques Ecrivains garantit au feu Roi)par-deffus l’opinion Lc conjecture la place du 6Les uns luidonnent rang du 61 , aucuns 6 5. Tous oùS'í actçâç douteux,non de pied ferme.
Ce personnage fait que toutes choses s’aíîùjettiiïcnt à Phom-me , il en a voulu jouir fur les temps paffés 7 rayiaç , & contrela modestie Lc retenue ancienne, & contre Parrêt de son éty-mologie sur Phistoire même , il la veut seigneuries à son apetitd'une absolue & Roïale Souveraineté, de laquelle il ne pronon-ce point comme de ceste-cifrapper à la porte.
Ajoutons, puisque le feu Roi par un si exécrable parricide,qui fait avoir à contrecœur le nom de François au Françoismême ( trifhus efl letho lethi genus) a porté le coup qui devoirtomber surtout son Etat; que le destin est satisfait, comme unsecond Cotis , un Codrus , un Decius , un Curtius, aïant pourle public sacrifié fa vie pour contenter cette Pojluorta ou Atro-pos , qui mënaçoit cet Empire. Quis curant neget ejfe te Deo-rum, propter quam fuit innocent ruina ? Qui n’eut gagé , pau-vre France, qu’un déluge dernier t’engloutissoit, qu'une pro-
plus juste &. plus véritable le change