1 5 9 1 *
Discours
ÇVR. LES Aî-E A I R E S Df
France.
8o MEMOIRES
serment qu’auront prêté ceux qui font compagnons d’une con-juration , la doivent dire &. déclarer, voire y doivent être con-traints. Le même Innocent a dit au même Titre des Jugemens ,que le serment prêté au préjudice du Souverain, est de nullevaleur , & ce au Chapitre 19 du Titre 4, au second Livre desdécrétales, Chapitre 1 : Serment qui est contre le droit ,n’oblige aucun, pource qu'il est folement prêté. Vous voie2donc, combien raillent grandement ceux qui se sont élevésContre leur Prince Souverain. Que s’ils font bien avisés , ils seretireront d’un si grand bourbier, ÔC cesseront de favoriser &tenir le parti du Prince étranger ; car persévérants en telle er-reur crime , ils désobéiíïènt aux Ordonnances de Dieu. SaintPaul a dit qu’il falloit obéir à son Prince , encore qu’il ne soitguères bon. Celui que Dieu a établi notre Roi, est bénin, gra-cieux , sage , clément èc courtois, qui étend ses bras pour rece-voir en grâce ses Sujets. Les enfants d’Israel, contre la défenseque Dieu par Moïse leur avoit faite , établirent sur eux desPrinces étrangers, dont ils donnerent occasion à Dieu de lespunir aigrement, tandis qu’ils étoient fous tels Princes , èc à lafin furent transportés en captivité ; & cependant les Juifs quireconnoissoient leur Roi naturel, vivoient en plus grand repos.Nous voïons comme Dieu punit le Roïaume pour beaucoupde grandes offenses , & que par fa douceur Le bonté , il recom-mence à retirer fa main peu à peu , & assoiblit le parti de cetteLigue , qui nous a apporté la famine , la peste , Sc cette cruelle
g uerre, ôè nous fait souffrir de grandes afflictions & tourmens.
►uvrez donc les yeux, asm qu’un jour respiriez èc preniez cou-rage , à ce que le Roïaume puiítè retourner en fa premierssplendeur & prospérité : lors nous tous serons jouiílans d’uneheureuse félicité, qui nous fera à tous assurée, quand nous se-rons remis fous l’obéissmce du Prince que Dieu nous a établi &Cdonné : à quoi il faut que tous nous accordions. Et afìn que dé-formais ne permettions aux femmes ni aux Ecclésiastiques d’en>piéter le gouvernement en ce Roïaume , nous déduirons par.autre discours les calamités desquelles cedit Roïaume a été af-fligé quand telles personnes ont tenu le timon Lc gouvernementLy cette Couronne, èí fur les François.