DELALIGUE. 97
comme appert par les histoires. Une autre considération y a,que tandis qu’il s'en trouvera un de la Maison de Bourbon ,d’Orléans, &L de la Tour , qui font du sang de France, il estimpossible qu’Etrangcr soit reçu à enjamber ce Roïaume , sinonque Dieu par son juste jugement le laissât aller où la rage le pré-cipite , à quoi tous vrais François ont à penser : pour exemplede quoi j’amenerai un exemple notable de la Nation élue , &maintenant vagabonde , laquelle aima mieux que l’Etrangcrrégnât sur eux, que leur vrai & naturel Roi, a été prise au mot,à sa confusion èc ruine. Par lesquelles choses pouvez connoîtrequelle calamité, se prépare de nouveau, & quelles guerres régne-ront en France , qui ne cestèront que les ennemis du Roïaumene soient domptés 6c expulsés. Et pourtant , le plus expédientseroit d’amender le paste, &c rentrer en cervelle , à ce que le Roisoit reconnu , lequel, moïennant la grâce de Dieu , fera si bondevoir, que les méchans seront réprimés , & les gens de bienmaintenus , le tout selon sa clémence accoutumée , expéri-mentée par plusieurs épargnés du glaive , qu’il pouvoit dé-faire.
Avertissement.
.Níous avons vu ci-destus ès Lettres du Secrétaire Ibarra, que le Ducde Parme, quoique plus fort en troupes à pied & à cheval, publioit èsPaïs-Bas 6c en Espagne , qu’il étoit trop foible pour astaillir le Roi de Fran-ce 6c secourir ceux de Rouen. C’étoit pour attirer argent d’un côté , de l’au-tre pour rendre ses trophées tant plus illustres, s’il pouvoit contraindre leRoi de forcir hors de Normandie, laquelle étoit une bonne piece pour leRoi d’Espagne. Mais le Duc se trompa ; car encore que les troupes du Roifustent harrastees, si se trouva-t-il aster de François pour chaster les Es-pagnols 6c Espagnolisés hors de la Normandie ; tellement que le" Ducaïant consommé une montagne d’or, perdu ses meilleurs Soldats, reçude la honte en diverses déroutes , fut honteusement chaste & contraint deretourner ès Pais - Bas avec un bras rompu, 6c néanmoins plus vîtementqu’il n’en étoit parti. Il entra dedans Rouen , où il ne séjourna pas, 6c sen-tit cette deuxieme fois qu’il étoit trop foible pour subjuguer le Roïaume,qui appartenoit austì peu à son Maître qu’á lui. Or , les Ligueurs à leuraccoutumée publièrent divers Ecrits pour le siégé de Rouen , dont nousavons choisi le moins superbe, que nous présentons , & pour Préface, l’Arrêtdu Parlement de Rouen contre son Prince Souverain.
1 59 1 -
Discourssur IES AF-F A I R E S DE
France.
Tome V.
N