154 MEMOIRES
---— après avoir trois jours auparavant envoie dedans ladite Place
1 í 9 quelque poudre, de la mèche, des piques , Sc autres choses qu’il- jugeoic y faire besoin , oïant le lendemain Mardi treizième les° ' canonades qui fe tiroient furieusement Lc sans relâche , dès le
grand matin , aïant icelui sieur d’Amblife fait avancer le jourde devant deux gros canons de Ville-franche , mis la nuit enbatterie,fe mit en campagne environ une heure après midi, aïantseulement avec lui environ 300 chevaux , tant de sa compagniede gens d’armes, Sc de celles des Sieurs d’Andiran Sc de laPerrière (1) de la garnison de Stenai , de celle du Sieur d’Esti-vaux, Gouverneur de Sedan , Lc de Hauvcs , que du Sieur deRemilli, de la garnison de Doncheri, 5 c de quelques Gentils-hommes volontaires , réfugiés audit Sedan ; Lc ainsi fit marcherce petit nombre vers l’ennemi, oh il arriva si à propos , ques’étant avancé vers la Ville avec environ cent chevaux , il parutavec ce nombre seulement jusques devant les murailles , fecontentant , après avoir attaqué une bonne escarmouche , Scquelques coups de pistolets donnés , d’avoir assuré ceux de de-dans par quelques Cavaliers qu’il y fit entrer , qu’il étoit làpour leur secours , empêchant l’ennemi de donner l’aílaut, où.il fe préparoit à l’heure même , la brèche étant raiíonnable , Scque par ce moïen il donnoit loisir aux assiégés de la remparertoute la nuit, puis il fe retira à Raucourt, maison sienne, à unelieue Sc demie de là ; oh étant mondit Seigneur , il fe représen-ta la perte toute évidente , faute de secours , non tant de laPlace , que des honnêtes gens qui y étoient, des Compagniesdu Régiment du Sieur de Chambrer , Sc les Chevaux-Legersdes Sieurs de la Tour Sc Flavigni , mais plus encore la perte deMouzon , l’ennemi y aïant son principal desiein : Sc fur cesconsidérations , il jugea être besoin pour le service du Roi , dehazarder quelque combat aux ennemis , estimant par leur con-tenance , que Dieu le rendroit victorieux. Ce fut donc le Mer-credi quatorzième dudit mois , qu’au matin il monta à chevalavec ce peu d’hommes , fortifié feulement de soixante Sc dixou quatre-vingt bons chevaux , amenés de Maubert par leSieur de Rumefnil (1 ), Gouverneur dudit lieu ,, Sc de quelquesdeux cens Arquebusiers defes Sujets, Sc avec cela, qui ne fai-soit pas plus de quatre cens chevaux, retourna la tête vers l’en-nemi , droit au même lieu qu’il avoit reconnu le jour de dé-fi) II faut 3 du sieur dç la Perrière Andiian, (1) Mailly de Ruménil,