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Siégé
.VlLLEMUR.
Iy g MEMOIRES
lise & mélioré par l’acquisitif &. la connoislance des bonnes let-tres : comme la clairvoïancc dc nos Magistrats faifoit la ronds- fur l’état des affaires. Monsieur de Joïeuse s’étant fans coupfrapper rendu maître de Monbequin , Monbartier & Monbc-ton , s’achemine au Fort de la Batte , qu’il prend par compo-sition , après y avoir fait perte de quatre-vingt Soldats. Si jevous dis , que contre les chapitres de la capitulation , Lc contrela foi promise j il fit tuer la plupart de ceux qui s’étoient ren-dus : vous croirez , s’il vous plaît , que la vérité donnant loi kma modestie , me contraint de publier ce que je ne puis taire,fans franchir les lisières de la rondeur Lc liberté séante à un His-torien. La Batte prise , il attaque Lc bat le Château de Mau-Zak (i) l’espace de quelques jours , & après y avoir tiré troiscens coups de canon , finalement le prend par composition.Le Fort de Saint Maurice (r) lui avoit dé j a été rendu : telle-ment que continuant fes ravages , & cinglant la route de faprospérité, il s’achemine à Villemur & l’aifiege avec tout l’ar-tifice & diligence dont il fe put aviser. Cependant nos Con-suls dépêchent dc jour à autre Messagers devers Monsieur deThcmines. Leur diligence fut certes grande à rechercher sonsecours : mais la sienne le fut encore plus à les secourir & hâterson arrivée. J’userois dc quelque fuperfluité de langage , si j’é-crivois combien fa venue fut agréable à tout le pais. Ce que lanécessité faifoit trouver bon , étoit encore trouvé meilleur pourle respect qu’on porte à Monsieur de Thcmines. Car je puis direavec vérité , qu’il a si bien gagné le cœur de ceux de Montau-ban & autres lieux circonvoisins , que lui rendans tout l'hon-neur & l’obéistance qu'il s peuvent , ils n’estiment pas lui enavoir rendu la centième partie de ce qu’ils doivent. Sur le che-min , Monsieur de Thcmines avoit recherché l’affistance deMonsieur le Duc d’Efpernon , qui avec fes forces s’acheminoiten Provence. Etant assuré de sa bonne volonté , il met de nuitdans Villemur quarante-six hommes , tant Cuirasses qu’Arque-busiers , fous la conduite du sieur de Pedoue , Gentilhomme kla valeur 8c bon sens duquel on ne peut rien mieux apparier ,que son grand zele au service de Sa Majesté. Outre ce renfort,il y avoit dans Villemur deux cens cinquante Soldats, tantétrangers qu’habitans. La Place étoit commandée par le sieur deRenier?, à qui elle appartient ( 3 ). Ses déportemens témoígne-
(î) C’cst, Mausac. ( ; ) C’cll-à-dire, qu’il c» étoit Gouvcr-
(1) M. dc Thon dit, saint Mautis» jieur.