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Tome cinquième.
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DE LA LIGUE. i6z

son armée. Rcstoic l’assisfcancc de Monsieur de Missiilac (r), 1^91.

Gouverneur d’Auvergne , qui étoic recherchée d’autant plus Evik^menssoigneusement , que chacun le tient pour Capitaine íl hardi, l’Arméequ’il n’a jamais vu l’ennemi fans le combattre : & si heureux, nuKo1 -qu’il ne la jamais combattu fansl’abbatre tout à fait. Le zele qu ilporte au service de Sa Majesté , ne lui permettant pas de se fairebcacoup tirer l’oreille , il fe dispose à notre secours à toute dili-gence. Monsieur de Joïeufe en aïant senti le vent, connut clai-rement que projettant la prise de Villemur , il avoit pris la mirede ses desseins plus haut qu’il ne falloir: néanmoins boufi devaine présomption , il affuble fa crainte du masque de fes ordi-naires rodomontades : &í pour maintenir fa créance envers fesgens , qui s’ennuïoicnt de tremper si longuement au rivage duTar, il prend parti de reconnoître la contenance des nôtres,qu’il savoir être à Bellegardc. Lui fe présentant en bataille audépourvu , notre Cavalerie tourna le dos ôc fe mit en désordre ,qui eut été beaucoup plus grand, fans la fige résolution de Mes-sieurs de Lecqucs & de Chambaut , qui furent à propos con-tourner ce mèches à leur avantage. Faisant tirer quelques coupsde canon , ils arrêtèrent la course de l’ennemi ; mais rien nel’arrêta si fort que les Capitaines du Mas , Bataille , & de Ren-tière , qui fe rendirent ce jour là admirables , à ceux même donton admire la vertu : car conduisant leurs Soldats avec autant dehardiesse que de jugement, ils chargèrent si vivement l’ennemi,qu’il changea bientôt l’efpérance de fa victoire , en un désir defe retirer. Je ferois une lourde incongruité, si j’omettois de di-re , qu’en un grand nombre de Gentilhommes ( qui ce jour-làfirent, à l’envil’un de l’autre, preuve de leur vertu ) les Sieurs dePujol & de Saint Geniers (2} ont si bien fait, que celui ravalc-roit par trop leur méritoire louange , qui leur donneroit le se-cond rang. Chacun donne aussi ce témoignage au Sieur de laVernaye , d’avoir en cette rencontre acquis beaucoup d’hon-neur. Ce fut là que Marc Antoine fit connoître , que ni la fa-vorable inclination , ni l’indifcrette créance des hommes, nelui avoit point acquise la réputation de brave &C déterminé Ca-pitaine , mais que le seul mérite de fa valeur l’avoit gradué dece titre honorable ; car il chargea l’ennemi de telle impétuosité,que fe voïant attaqué de tous côtés , il fut contraint racheter lafureté de fa retraite, par la perte de quelques Cavaliers. Ce

(i) De MeíTillac de Rastignac, homme (z)Pujol, 5c saint Genys.d’un courage infatigable.

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