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Tome cinquième.
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D E L A l I G U E. » 4l _

l’etat présent de ce Roïaume, vous connoîtrez , fans doute, 1591.qu’il vous est très néccstàire de les chérir Sc embraster, comme apologieceux qui s’emploient vertueusement Sc sincèrement à la défense pourlesPro-d’icelui, Sc qui y sont très propres : Sc qu’il faut en cette œu- TESTANS -vre cheminer ensemble de pareil pas. Car , il y a très grandeapparence que vous, Messieurs les Catholiques seuls, en cettehumeur où vous êtes , ne sauriez remettre la Couronne en sonentier, étant détournés de tout bon moïen de ce faire par despassions Sc dédains, où yous entretiennent plusieurs envieux &ennemis domestiques d’icelle, de toutes robes, Chefs de sédi-tion , favorisans de parole Sc de fait les intentions des Papes,

Sc de leur sainte Ligue , sous ombre de conscience Sc de Reli-gion, ausquels vous applaudistèz par grande erreur , suíFoquanspar-là votre vertu Sc affection , qui d’ailleurs est bonne Sc gran-de au repos public, comme il est croïable. Or desirerois-jegran-dement que vous prissiez la peine de connoître ces hommes ,

& leurs étranges desteins; car si leur malice est à détester, vousdevez autant Sc plus craindre leur ignorance , par laquelle ilsmenent avec eux tout le corps de la France en extrême déso-lation Sc ruine , où vous ne pouvez faillir d’être aussi envelop-pés. Par quoi, vous St vos semblables , qui avez meilleureadreílè en vos pensées , devez ouvrir les yeux, St vous dépouillerau plutôt de cette fauste impression qu’ils vous ont donnée ,que ceux qui désirent reformation en l’Eglise soient Héréti-ques : à ce que rien ne vous empêche d’examiner de près leursactions & déportemens en cet état. Ces mauvais François, aus-quels vous oïez si fort entonner ces mots d’Hérétiques Sc d’Hé-résie contre ceux de la Religion Reformée , estaient par cettefauste note, de les faire haïr à chacun, St reputer indignes dela conduite des âmes , de l’administration de la justice, St dumaniement des finances: grondent, dis-je, St murmurent,s’ils en voient aucuns admis aux charges Sc dignités de ceRoïaume, Sc en calomnient le Roi jufqu’à ses oreilles, ten-dans par-là d’affoiblir la partie Roïale, Sc de donner poids àla Ligue : laquelle seroit tôt déliée , si tous étions unis de vo-lonté au service du Maître que nous avouons Sc suivons : Etainsi reculent, à leur pouvoir, les hommes qu’ils connoistententiers , Sc trop capables pour ceux qui se complaisent aux confusions , Sc y font leurs besognes. Cette injure s’adreste princi-palement à ía personne du Roi, Sc à cela, fans autre témoignage, montrent astèz ces Messieurs quel compte ils font deTome V. H h