i8o MEMOIRES
trouvée moins étrange de ceux qui savent ce que peut la con-. voitife du commandement ‘souverain en une ame ambitieuse.
pu Roi. Maïs non content d avoir tantôt tait tous les bons rrançois mi-
sérables 3 de leur vouloir encore crever les yeux & les rendrestupides en leurs miscres , leur ôtant ce qui leur reste de conso-lation , qui est la connoissmce certaine qu’ils ont de Ja source£c première cauíè de leurs malheurs , ôc savoir à qui ils s’en doi-vent prendre. Dieu ne l'a pas voulu permettre ; l’ambition duditDuc de Mayenne s’est tellement enflée , qu’cnfin elle a crevé levoile’ duquel il l’avoit voulu couvrir. Tout le plus grand artificedudit écrit est de faire croire en lui un bon zele^ une grandesimplicité , Le qu’il est vuide de toute présomption. Et elle nese pouvoit accuser plus grande que par ce même instrument,étant fait en forme d’Edit scellé du grand sceau , adressé auxCours de Parlement , 6e avec toutes les autres formes Le mar-ques dont les Rois Le Princes Souverains ont, privativement àtous autres^ accoutumé d’ufer. II fait par ladite déclaration uneconvocation générale des Princes , Officiers de la Couronne,Le de tous les Ordres du Roïaume , pour délibérer fur le bien deï’Etat : chose jusqu’ici inouie sous autre nom que celui des Rois,comme par toutes les loix cette autorité leur est feulement ré-servée, Le jugée en crime de Lcxc-Majesté pour tous autres. IIyeut montrer de vouloir rendre quelque respect aux Princes duSang , Le néanmoins il les convoque, les appelle Le leur prometfureté, qui est bien les traiter comme inférieurs à lui. Ce fonttoutes marques d’une imagination qu’il a en l’esprit, de la puis-sance souveraine , de laquelle Dieu permettra qu’il s’cn trou-vera auffi éloigné comme injustement il y aspire. Si la formedudit écrit est vicieuse Lc réprouvé , la substance d’icelui nelest pas moins, étant pleine de fauílcs suppositions , 6c néan-moins fi foiblcs que les plus simples jugemens la peuventfans aucun aide facilement rcconnoître. La vraie Lc certaineîoi fondamentale du Roïaume , pour la succession d’icelui , estla loi Salique , qui est si sainte , parfaite Lc si excellente qu’à elle( après Dieu) appartient le premier Lc le plus grand honneur deîa conservation d’icelui en l’état qui a si longuement duré , Lcest encore à présent. Elle est aussi fi nette Lc claire , qu’clle n’ajamais reçu d’intcrprétation Lc exception ; de forte que Dieu ,la nature Lc ladite loi nous aïant appelle à la succession légitime,de cette Couronne, elle ne nous peut être auffi peu disputée qu’à£ueuns autres de nos prédécesseurs , au pouvoit dcsquels n’a
point