Band 
Tome cinquième.
Seite
321
JPEG-Download
 

DE LA LIGUE.

321

La Consejjion de Manuel Lewis Tinoco , écrite de fa propremain , le 11 Fevrier 1J93.

JÍ^E Manuel Lewis Tinoco , Gentilhomme Portugais, confesleque le Comte de Fuentes , St le Secretaire lbarra , m’appelíerentau cabinet du Comte, là où tous deux ensemble & .chacun deuxde fa part, me prirent les mains St les mirent dans les leurs , Stme dirent tels propos : devant que nous te déclarions une cer-taine affaire de très grande importance , il faut que tu nous don-nes ta foi St promesse , qu’encore qu'il advînt que par de-là tufuffe pris des Anglois , que néanmoins tu ne le découvriraspoint, d’autant qu’il importe au repos de toute la Chrétienté.Et après leur avoir donné ma parole St ma foi de toute fidélitéSt service en telle affaire ; ils me dirent , que Stephano Ferrerade Gama , leur avoit écrit, comment le Docteur Lope £ s’étoicoffert St obligé de faire mourir la Reine d’Angleterre par poi-son , avec condition que le Roi d’Efpagne lui donnât récom-pense convenable à fes services. Tout cela fe pafïa en la Villeae Bruxelles en la maison du Comte de Fuentes : 8t, selon queje m’en puis souvenir , ce fut le neuvième jour du mois de Dé-cembre dernierement paíle ; jç témoigne toutes ces choses s'e-tre faites en toute vérité Sç certitude , comme je les confirmepar mon ferment.

Je Manuel Lewis Tinoco , Gentilhomme Portugais , confeíïèêtre vérité , qu’étant à Bruxelles en la maison du Comte deFuentes , il me fit appeller St me demanda de quel pais St qua-lité étoit Andrada : Sc après lui avoir dit ce que j’en pouvoisconnoître , il commanda à son Secretaire de me montrer tou-tes les Lettres qu ’Andrada lui avoit écrites de Calais. Icelui memontra trois lettres , en la premiere defquelles il donnoit avisqu’il étoit de retour d’Angleterre où il avoit été détenu prison-nier un long temps , St qu’il étoit envoie par le Docteur Lopefolequel, comme zélateur St bien affectionné au service du Roi deCastille , étoit résolu de lui faire un service si signalé que parce moïen il pourroit en toute fureté prendre satisfaction de lanation Anglaise : mais à condition que le Roi voulût d'hon-neurs St faveurs récompenser fes services , convenablement àleur importance , d’autant qu’il étoit vieil Sc grandement en-detté, désirant de trouver repos pour fes derniers jours : puisdéclarant la qualité de ce service , il disoit le Docteur Lope\Tome V. S s

1 593 -

CoNJUR A T.CONTRE LA

Reine o’An-gleterre.