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Haranguedu Duc DEFeiua.
3x4 MEMOIRES
désirer d’un Roi Très Catholique. La mort soudaine du Roison beau perc , tant regretté d’un chacun, lui a ravi le moïen.de faire connoîtrc l’honneur 8c affection qu’il lui portoit : Cequ’à la vérité il eut fait, s’il eut vécu. II a honoré fa bclle-mere , il a aimé Lc chéri ses bcaux-freres, 8c n’a rien oublié dece qui conccrnoít leur bien 8c commodités : ne s’étudiant à au-tre chose , qu’à rendre perpétuel 8c indissoluble le lien de paixjà contracté : & faire que l’un 8c l’autre Roïaume, voire ( cequi dépendoit dc-là) toute la République Chrétienne demeurâtferme en la Religion avec tout heur 8c assurance. Et pour parlerplus en particulier , il n’y a personne qui ne sache que pendantle régné de François II, aussitôt que la nécessité íe présenta,le Roi Catholique lui envola d’Efpagnc de grandes armées fousla conduite du Duc Carvajal : A Charles IX il envola de Flan-dres le Comte d’Areberg ( i ) avec grand nombre de gens deCheval ( i ). Et en autre temps le Comte de Mansfelt con-duisant plusieurs Troupes , tant de Cavalerie , que d'Infante-rie. Lesquels tous ont fait la guerre en France avec autant dezelc 8c de valeur, que fi c’cut été pour leurs propres maisons 8cpatrie. Chose qui vous est tellement notoire 8c assurée, qu’íln’est besoin d’en discourir plus amplement. Or , pour paísoroutre , je ne fais vraiement que c’cst qu’on pourroit trouver deplus grand, de plus généreux, ou de plus louable en un Roipuissant, que la patience du Roi Catholique parmi tant & desi grandes injures qu’il a reçues de vos Rois. La Reine Merefous Henri III son fils s’oubliant ( car ainsi suis-je contraint deparler) des bienfaits 8c courtoisies passées, a par deux foisagacé le Roi Catholique , dressant Armée navale contre notreEtat de Portugal. Le Duc, son beaufrere, s’est emparé de Cam-brai , & a empiété tout ce qu’il a pu de Flandres. Henri prêtoitla main à l’un & à l’autre, ou pour le moins ne leur contredi-sait , quoique ce fût de son devoir , 8c en son pouvoir de cefaire. Et nonobstant cela, mon Roi a constamment persévéréen son amitié, non pour n’avoir les moïens de se venger (com-me tout l’Univers peut témoigner) ains par une bienveillanceChrétienne : 8c provoqué par les méfaits de ses beaufrcrcs, amieux aimé céder aucunement de son droit, que de leur ôterl’occasion de se reconnoître, 8c donner entrée à une calamitéuniverselle. Je toucherai brièvement le reste : Etant le Duc d’A-
(i) d’Aremberg, (i) De Chevaliers.