DE LA LIGUE.
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REPONSE
M 93-
Réponse dvCardin, dePellevs.
JDe Vllluflnjsime 6* Révérendijsime Nicolas de Saint-Praxede , Cardinal de Pellevé J Archevêque deReims , premier Pair de France, à La Harangue Jufdite,au nom des trois Etats .
RÈs excellent Lc très noble Duc , toute cette Assemblée destrois Etats de France fe congratule à votre arrivée très deíîrée fittrès agréable à un chacun (Ficelle ; &. recevons non-seulementavec joie & lieíîè , mais encore avec honneur fit révérence , tantles Lettres Roïales de S. M. C. que les mandemens pleins de dou-ceur , bienveillance fit charité que votre Excellence par fa ha-rangue dorée nous a exposés de fa part : estimant que de plusieursgrands personnages qu’il y a au Roïaume d’Efpagne , on n’eut
Î »u en choisir un autre qui nous eût plus agréé que votre Excel-cnce , ou qui eut été de plus grande adreste fit suffisance pourtraiter affaires. Et pour ne m’arrêter à n ombrer les vieux por-traits fit tableaux enfumés de vos ancêtres ; je dirai feulementque votre mere étant issue d'une des premières fit plus illustresfamilles d’Angleterre , emploie très libéralement, comme uneautre Helene mere de Constantin, ses moïens pour aider , en-tretenir , fit élever les Ecoflois , Anglois, Hibernois , fit autresaffligés 8t fugitifs, qui fe font retirés en Espagne , pour ne per-dre la Religion. Or, toutes choses font sujettes à vicissitude£t changement, fit n’y a ès affaires humaines rien de perpétuel,rien de stable : ains semble qu’ellesvont fit viennent, comme parflux fie reflux ; de forte que les richesses , la gloire, le savoir,les domaines , bref toutes commodités , ou incommodités ,font à la fois transportées des uns aux autres par la Divine Pro-vidence. Ce que nous touchons au doigt en ce Roïaume de
( 1 ) Le Cardinal de Pellevé, dit M. deThou, Liv. 10 J, tout zélé qu’il étoit pourla Ligue, ne put souffrir ces Lettres de Phi-lippe II , remplies de reproches , & od l’or-gueil Espagnol se manifestoit. Quoiqu’onse sût pas prévenu en fa faveur , on avouaûéanmoins que fa réponse, que l’on donne
Tome K
ici, au dilcours du Duc de Feria, étoitsensée & vive , & qu’il soutint 1 honneur dela Fiance avec autant de libeité & de No-blesse , que ces temps fâcheux le permet-toient. M. de Thou , au même endroit ,donne un précis de cette réponse.
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