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MEMOIRES
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Avertissement.
Andis que les Espagnols & leurs Adhérans emploïoient tous leurssens à rechercher la continuation des miseres de la France, espérant parle moïen des Etats de la Ligue embrouiller les affaires & les précipiteren telle confusion , que cependant ils auroient tout loisir d’acheminet leursdesseins fur les Païs-Bas, l’Angleterre & la France même ; le Roi étoitsollicité de divers endroits , par Conseillers près & loin de fa personnede quitter la profession ouverte de la Religion Réformée, pour adhéreraux cérémonies de la Romaine (i). Le sommaire de leurs remontrancesétoit que pour chasser l’Espagnol, avoir Paris & les autres Villes Liguées pourfoi, force étoit d oter aux Chefs de ce Parti le masque de la Religion Catho-lique Romaine , duquel ils voiloient leurs rebellions. Que tandis que leRoi adhérerait ainsi ouvertement à la Religion Reformée, ceux du Particontraire , cent fois en plus grand nombre , adhéreraient au Duc de Mayen-ne & à ceux de la Maison de Guise, qui par le moïen du Pape & del’Espagnol sauraient bien trouver le moïen d’entretenir le feu dans les entrail-les de son Roïaume , lequel valoir bien une Messe, & ne falloir le laiílèrperdre pour des cérémonies. Combien que tels avis sussent combattus parnotables avertitTemens d’autres Conseillers , il sembla que le Roi y in-clurait , & que les Députés des Princes & Seigneurs de son Conseil, com-muniquant avec ceux de la Ligue pour obvier à sélection d’un nouveauRoi, en donnassent espérance. Les François s’émurent à ce bruit en diver-ses sortes , selon leurs affections. Et alors fût publié ce qui s’ensuit.
(i) On sent bien là le langage d'un Pro-testant. II n'étoit pas question de simples cé-rémonies , qu’on pouvoit admettre ou rejer-rer , mais d’abjurer l’Hérésie, & de rentrerdans la Communion de l’Eglise Catholique,la feule où IaPoi soit pure & entiere , Sc horsáe laquelle on ne peut parvenir au salut. Lemême langage se remarque plus d’une foisdans ia fuite de cet avertissement, & dansle Discours qui le fuit, fous Le titre à'A-verújsment au Roi. Tous les motifs tirés
d’une prétendue politique, que l’Auteucs’cfforce de faire valoir , doivent s’éclipsetdevant la vérité qui n'est enseignée que patl’Eglise Catholique , Apostolique & Romai-ne. Tout ce que í’Ecrivain anonyme ditpour la combattre , n’a aucun fondementsolide; & plus il attribue de jugement Scde bon sens à Henri IV , moins il a ducroire qu’il le persuaderoit. Cet Ecrit a parud’abord en 1583. in- 8®.
AVERTISSEMENT