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Tome cinquième.
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1591.

AvïR-TISSEM.

áv Roi.

3.56 MEMOIRES

qui voulons rétablir en son entier les funestes dissipations dece pauvre Roïaume : Le puisque la force nous y est néceííaire »ne la dissipons point pour Pamoindrir. Que servira le difeordcn nos maisons , tandis que nos communs ennemis s’accordcncà la sapper ? Attendons-nous qu’ils entrent, qu’ils se pêlcmê-lcnt dans nos confusions, pour nous perdre , pour se rendremaîtres de nos biens & de nos vies, pour triompher de notrehonte? N’avons nous point de sentiment de nous-mêmes quecontre nous-mêmes? La Ligue n’aura-t-clle autre bras pour nousfrapper , que nos bras propres ? Braveront-ils ces géants là ,ces tyrans , ces bourreaux du peuple , dans les plus belles , lesplus riches , les plus anciennes Villes de la France , tandis quenous nous amusons à estriver fur un pied de mouche , parmi la.campagne, au pied d’un buiílbn , à l’abri d'un arbrisseau, aufroid , au chaud , à la faim , à toutes sortes de miferes , Sc d’in-dignités ? Leur dirai-je , Sire , fans offenser la modestie de vosoreilles, Sc fans encourir le soupçon de flagorneur, mais leurdirai-je ce que la vérité me contraint de dire ? Vous avez au-jourd’hui pour Roi, Messieurs , un Roi , amateur de la vertuSc dc Phonneur, jaloux de fa foi au possible , au reste ( que cha-cun hardiment, voire la Ligue même , en dise ce qu’on en pen-se ) un des plus grands Sc des plus heureux Capitaines que l’Eu-rope ait vus il y a long temps , propre infiniment à relever cettelourde chute de l’Etat si personne du monde , bénin , traitable,miséricordieux , qui déteste le sang Sc la cruauté , si Prince ladétesta jamais , que vous manquc-t-il ? II étoit, Sc est tel, Hu-guenot : de quoi vous nuit la croïance de son ame ? Vous pou-vez vous imaginer qu’il y ait plus d'efprit Sc d’entendement errquelque cervelle Françoise qu’en la sienne , que vous connois-sez en tout le reste de ses affaires ? Sc comment la méconnoî-trez-vous en celle-ci ? Son âge , Sc ses expériences ne lui seront-elles comptées pour rien ? Et son zele ardent au bien de tout leRoïaume, qu’ila plus que trop déja témoigné, ne lui sera-t-ilpoint alloué pour mérite en votre endroit ? Quelle présomp-tion est-ce à un chacun de vous , de lui vouloir conditionnervotre devoir comme à votre inférieur ? y a-t-il quelqu’un devous qui ait plus de droit en tout ce corps , que lui qui en est'le chef ? Mais il me plaît, Sc me suffit de croire que je me trom-pe , que je fuis bien éloigné de voir bien clair dans cette fidé-lité Françoise que vous conserverez à votre Roi. Oui, je mepersuade que je n'aurai désormais affaire qu’aux rebelles Sc a us