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Tome cinquième.
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DE LA LIGUE. S7f

espoir sont tombées tontes les Villes de ce Roïaume, & prin-cipalement celles qui suivent votre parti. Mais fur tout , ils ontune extrême compassion du pauvre peuple des champs , du toutinnocent de ce qui se remue en ces guerres. Les raisons dédui-tes ci dessus , & plusieurs autres que nous obmettons pour briè-veté , nous font du tout résoudre , que nous ne pouvons , nidevons avoir , de part ni d’autre , aucune espérance de salut encette guerre. La continuation de laquelle pourroit faire perdrela Religion, l’Etat , &í tous les gens d’honneur , 6c de valeurqui affectionnent la conservation d’icelui. Nous avons déjasouffert infinies calamités, au désir , ausouhait, &.à la dette denos ennemis. L’Espagnol ajetté lesyeux fur nous , & fait soncompte , que la perte de cet Etat ne peut advenir au profit deceux qui s’entrebattent maintenant. C’est pourquoi il favorisesi puissamment cette division , que nous prions Dieu de vouloirbientôt finir par une bonne réconciliation entre nous , à íagloire premierement, conservation du nom & de la CouronneFrançoise , repos , & contentement de tous les gens de bientant d’un parti que d’autre. II a plu à Dieu nous visiter par larigueur de beaucoup de miseres & calamités que nous avonsfouffertes, nous, les prendrons pour admonestement d’un bonPcre , si nous voulons être appellés ses enfans. Ce que jufqu’àprésent il n’a pas permis notre entiere ruine, comme il sembleque toutes choses y étoient êt font encore disposées, nous ledevons recevoir pour une offre qu’il nous fait de fa grande mi-séricorde. II nous donne temps pour nous reconnoître , & sui-vre meilleurs conseils , aïant été affez avertis par l’expériencedes maux que de part & d’autre nous avons soufferts, que lechemin qui a été suivi jusqu’à présent est le chemin de la mortde ce Roïaume. Nous vous prions de nous pardonner, si peut-être nous avons parlé de ces affaires avec plus de véhémenceque quelques-uns ne voudroient. Nous adressons cette lettre àpersonnages de grand honneur , que nous estimons aimer , Sc.affectionner la prospérité de cet Etat ; ôc pensons , que si les;gens d’honneur qui font parmi vous , se voudront déclarer aussiouvertement de ce qu’ils ont fur le cœur , comme font fans au-cune pudeur ceux qui font contraires à la paix , que le nom-bre de ces protecteurs de la sédition & guerre civile se trouvera,si petit & de si peu de considération , que nous tarderonslonguement à voir une bonne heureuse fin à nos malheurs,,& ce beau Roïaume remis en son ancienne splendeur 8c dignité-

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l.ETTRE des

Députés, auxPrinces, Sc c».