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Tome cinquième.
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DELA LIGUE. 579

respect 8c honneur que la Cour porte audit Sieur Duc, elle la-voir averti dès le vendredi précédent de ce qui le devoir traiterau Parlement, 8c que , suivant fa prière, ils avoient différé leuraffembîéc jufqu’au lundi ; mais que n’aïant eu aucune deses nou-velles , la Cour auroit trouvé bon de paílèr outre , comme elle afait; 8c que lì il eût été présent, il eut connu que la Cour neparla jamais des Princes qu’avec autant d’honneur 8c de respect,comme elle avoir fait de lui, & que l’intention de la Cour n’é-toit point de mécontenter personne, ains de faire justice àtous.

Sur ce Monsieur de Lyon ( i ) prit la parole, 8c avec colereremontra que la Cour avoir fait un grand affront audit SieurDuc d’avoir donné un tel Arrêt, qui pourroit causer une divi-sion entre nous, à Davantage de Pennemi.

Monsieur le Maître lui répliqua soudain , 8c lui dit, que M.le Duc de Mayenne avoir usé de ce mot d’affront, qu’il avoirpâlie sous silence pour l’honneur 8c le respect que la Cour luiporte en général, 8c en particulier, mais que de lui, il ne lepouvoir endurer, pourcc que la Cour ne lui devoir aucun res-pect : au contraire que c’étoit lui qui le devoir à la Cour, quela Cour n’étoit point affronte u se , ains composée de gensd’honneur Le de vertu qui faisoient la justice , Le qu’unc autre-fois il parlât de la Cour avec plus d’honneur, de respect Le mo-destie.

Monsieur de Mayenne dit qu’il ne trouvoit point cela tantétrange de tout le corps de la Cour, que d’aucuns Particuliers Ledes plus grands d’icelle, lesquels il avoir avancés de plus bellescharges Le dignités.

Ledit Sieur le Maître lui fit réponse , que s’il entendoit par-ler de lui, qu’à la vérité il avoir reçu beaucoup d’honneur delui, étant pourvud’un Etat de Président en icelle ; mais néan-moins qu’il s’étoit toujours conservé la liberté de parler fran-chement, principalement des choses qui concernent l’honneurde Dieu , la justice, 8c le soulagement du Peuple , n’aïant rap-porté autre fruit de cet Etat en son particulier , que de la peine&: du travail beaucoup , lequel étoit cause de la ruine de sa Mai-son, & que lui étoit exposé à la calomnie de tous les Méchans dela Ville.

Le Sieur de Mayenne dit, que cet Arrêt seroit cause d’uncsédition & division du Peuple, 8c qu’on les voioit déja aílèm-{i ) C’est-à-dire , l’Archevêquc de Lyon , Pierre d’Escinac,

Bbbij

* 593 .

Débat entreCe P. Prési-dent , & M.de Mayenne.