1593 -
Avis AUXFrançois.
z85 MEMOIRES
faac prcmierement que nous confessions d’êtrc injustes : N’cstí-mons pas, accusant les fautes d’autrui, de pouvoir excuser les nô-tres ; Dieu juge nos actions 8e intentions, non pas comme l’hom-me les veut feindre , mais comme en vérité , 8e fans feintifeelles font. Pensons plus soigneusement que nous n’avons faitjusqu'à présent à ce qui nous peut advenir, 8e reconnoissonsque quelque résolution que l’homme sache prendre , soit bon-ne , soit mauvaise, Dieu veut que l’évenement en soit incer-tain , afin que la témérité de l’homme ne présume d’attribuerà la prudence ce qu’il veut que notre humilité rcconnoisse, 8een donne la gloire à sa toutc-puiflance. Parlant doneques com-me homme , comme vieil, comme vrai François, nourri delongue main, 8e du tout affectionné au service de la Couron-ne , je représenterai ici plusieurs choses qui font advenues de-puis, 8e auparavant le décès du feu Roi, que Dieu par fa sain-te grâce veuille avoir en fi gloire. Je dirai en premier lieu ,qu’étant le Roi à présent régnant, venu au secours dudir SieurRoi son beau-frere, quelques mois auparavant qu’il ait été ap-pelle à cette Couronne , 8e aïant entrepris ce voïage , contrel’opinion de ses plus anciens Serviteurs, avec la même assuran-ce qu’il eut pu faire, s’il eût vu de ses yeux que Dieu l’cut menépar la main, il sit connoîtrcà toute la France par une telle, Scfi vertueuse résolution , quelle étoit son affection 8c fidélité en-vers son Roi , 8c combien il affectionnoit la prospérité 8c con-servation de cette Couronne , pour laquelle il exposa coura-geusement ía vie, 8c tous les m oie n s que Dieu lui avoir donnés.Ce qui lui acquit une incroïablc bienveillance , tant dudit Roi,que des Princes , Seigneurs, Gentilshommes, 8c autres gens deguerre qui affistoient 8c servoient Sa Majesté : A laquelle étantadvenu ce malheureux accident , dont la France ne parlerajamais qu’avec larmes, il n’y eut celui de tous ceux qui se trou-vèrent en ladite Armée, de quelque qualité, grandeur, digni-té , Sc condition qu’il fût, qui ne se soit mis en devoir de té-moigner à notre bon Roi , 8c l’a flaire r qu’il lui rendroit tout letemps de fa vie , toute fidele sujection , service 8c obéissance ,ainsi que selon Dieu , 8c selon les Loix du Roïaume, il rccon-noissoit d’être obligé. La même Déclaration fut faite par lesPrinces, Seigneurs, 8c par un infini nombre de Noblcíïè, Scautres de tous Etats, qui éroient lors éloignés de ladite Armée.A quoi fut par eux ajoutée une très humble Sc très instantepnerc, à ce que lç bon plaisir de Sa Majesté fût de vouloir, à