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Tome cinquième.
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D E L A L I G U E. 431

nant Général de la Prévôté de l’Hôtel, par le commandement--

du Roi, Sc conduit aux prisons dudit lieu. Où étant, déclara 1à la Géoliere , 6 t à un Prêtre lors prisonnier, qu’il ne mange- rK0CES D *roit point tant qu il íeroit pníonmer, mais qu on lui bâillât dupoison, ôc il en mangeroit.

Interrogé à pluíieurs Sc diverses fois par ledit Lieutenant.

Par ses premières réponses, dit être âgé de vingt-sept ans , na-tif d’Orléans, de son premier état, Battelier, Sc de présent Sol-dat ; étoit sorti d’Auvergne pour aller faire la guerre en Lyon-nois , ce qu’ií fit fous la charge du Sieur d’Albigni. Conseilsavoir séjourné un mois en la Ville de Lyon , Sc que paíîancdepuis par la Bourgogne , il seroit arrivé à Paris , de-là à SaintDenis, puis à Melun , en intention d'y chercher Sc trouverMaître.

Derechef interrogé , a dit, que dès qu’il partit d’Auvergne,il avoir intention de venir tuer le Roi, dont étant arrivé auditLyon , il communiqua à quelques Personnes Ecclésiastiques,dénommées au procès ( i ).

Depuis , encore enquis de quelle façon il vouloir exécuter unesi damnablc entreprise, dit que c’étoit avec un couteau, ou unpistolet, en Rapprochant du Roi à travers ses Gardes.

Et fur ce que l’on avoir eu avis que ledit Barrière avoir eu uncouteau caché entre ses chaudes Sc fa chemise, lequel il avoitmis ès mains dudit Prêtre, prisonnier , le priant ne le montrer;fut sur ce enquis, par secondes interrogatoires du vingt-huitdudit mois , le dénia ; mais à l’instant, lui aïant été ledit cou-teau reprélenté ( lequel étoit d’un pied de grandeur, tranchantdes deux côtés, fort pointu, Sc fraîchement émoulu Sc éguisé)auroit reconnu ledit couteau être sien : qu’il l’avoit sur soi , lors-qu’il fut arrêté prisonnier, Sc Bavoir acheté d’un Coutelier onMercier à Paris.

Le même jour, les Témoins ouïs par les informations, lui ont

{i ) Barrière étant à Lyon , etîc M. deThou, voulut varier de son dessein à ungrand Vicaire de l’Archevêque, qui étoitCarme, à un Capucin , St à un ou deui au-tre Prêtres, enfin à un Dominicain Eloren-tin , nommé Séraphin Barchi, Espion deTerdinand , Grand Duc de Toscane, pourapprendre par son moïen les deileins desLigueurs. Ce Dominicain lui dit qu’il ypenseroit, & qu’il eut à revenir le lende-main j & pendant ce temps - là il avertit

Btancaleon de se trouver à une certaineheure chez lui , pour lui montrer Barrière »qu’il envisagea sì bien, qu’il pouvoir le re-connoître par-tout. Le Dominicain donnarà Barrière une réponse ambiguë , St le ren-voi a : après quoi il découvrit au Gentilhom-me le dessein de ce Misérable , St l’exhortaà partir pour l’Armée où alloit cet Assassin ,ce qu’il fit. On peut lire le reste dans M. diThou*