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Tome cinquième.
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DE LA LIGUE.

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avons trouvées depuis, fuílent présentées à nos murailles ? Que ---

les Pionniers qu’on avoit levés , fuílent en besogne, pour relc-ver les ruines d’une Citadelle , que nous n’avons pu souffrir sansnotre Roi ? Devions-nous attendre que les boulets fuílent four- Lyon.'rés en nos entrailles ? Que l’avis tyrannique de ce misérableEtranger , qui sous le crédit de quelques maximes de Machia-vel , a quitté le foin de la marmite , pour présider aux affairesd’Etat, fut exécuté fur nous j conseillant son Maître, que pours’affurer de la domination de cette Ville , il la falloit peuplerde nouvelles Colonies, & en chaílèr les vrais Habitans : qu’ilfalloit oublier Dieu pour dix ans, & quitter le contrepoids dela crainte de la mort, &de l’enfer, s’il tâchoit élever ía fortu-ne à la grandeur dont il étoit éperduement désireux? Devions-nous attendre qu’un Soldat impitoïable vînt planter une sen-tinelle aux pieds de notre lit, qu’il nous rôtît les pieds, qu’ilnous fît sortir les yeux sanglans de la tête , nous fît souffler ensapistolle, pour nous rançonner, & priver de l’usufruit de nosjustes labeurs , èc de ceux de nos peres ? Devions-nous atten-dre que ceux desquels la fin, & le voisinage nous a toujours*été suspect, fuílent les Maîtres de nos familles ? Que le Gascon& le Dauphinois , desquels nous avons toujours craint lallian-ce, priffent le velours à l’aulne de leur pique , comme ils di-foient ? Devions-nous attendre qu’on nous traitât à la fortequ’on dit qu’on nous traitera , si ceux que nous tenons noustiennent, qui ( ue respirans que le feu èc le sang , pour conten-ter cette injuste vengeance sur un Peuple innocent , qui les atant aimés , tant honorés, tant obéis, qui n’a rien fait contr’eux,que par le mouvement des Loix divines & humaines, voir desnaturelles , pour fa conservation & liberté ) crient tout haut &clair , que si jamais un Lyon n ois tombe entre leurs mains , ilsle feront endurer autant de supplices &C de morts , qu’il aurade membres départies en son corps ? Pouvions-nous demeu-rer plus longuement entre la douleur & la crainte , la défianceêc le mal ; nous souvenir des maux pastés, fans craindre les pré-fens , Sc voir les présens, fans appréhender ceux qui fans doutenous dévoient advenir ?

Et vraiment, nous eussions bien mérité ce traitement qu'onnous apprêtent, si faisant les sourds aux avis de nos voisins ; aux.nouvelles des Etrangers d’Espagne & d’Italie ; aux menaces denos ennemis , qui le vantoient déja de vivre parmi nous à leurdiscrétion , nous eussions cru tant d’éclairs être fans tonnerre