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Stancessur í’Ame'Ítion..
Apprends à beaucoup faire, ôc à dire bien peu ,
Si tu fais un secret, cache-le dans ton ame :
Car fi par ton moïen , puis après il est; su ,
Tu mérites par-tout que le monde te blâme.
XLIX.
Ne reprends en public les vices de personne ,
Encor que remontrer soit une chose bonne;
Tu fais , en ce faisant mille affronts recevoir,
II faut donc en privé, ôc doucement reprendre ,Reprendre & remontrer, ce n’est rien que savoir,Avecque la douceur la raison faire entendre.
L.
En quel lieu que tu sois, les Pauvres ne méprise,'Dieu , qui de grands moïens plus qu’eux te favorise,
Ne veut pas que tu fois ingrat de ses bienfaits :
Ecoute leurpriere , ÔC triste ôc lamentable ,
Donne-leur de tes biens , Sc leur fois charitable.L’aumône a ce pouvoir d’eifacer nos méfaits.
LI.
En tes affections ne te montres volage ,
Quand tu auras choisi quelqu’un dans ton courage,
Ne te rends fans sujet froid en son amitié :
Car un homme d’honneur, qui n’a point fait d’offenfe,
Tome F. N n n
DE LA LIGUE.
Mais si tu veux tromper, trompes ton ennemi :
Car aussi bien, s’il peut, il t’en fera de même.
XLVII.
Si tu n’es point méchant, les médians ne supporteNe fais jamais grand cas de celui qui rapporte ,
Jamais un Rapporteur n’eut rien de bon en foi,
II fait dans un logis mille querelles naître ,
Sers-toi de gens de bien, ôc tu feras pour toi ;
Car par le Serviteur onreconnoît le Maître.
XLVIII.
Ne divulgue jamais les choses qu’on doit taire ,
Un Causeur , quel qu’il soit, ne sautoir que dévíaire .