Band 
Tome cinquième.
Seite
465
JPEG-Download
 

4^5

1 Í93*

Stancessur í’Ame'Ítion..

Apprends à beaucoup faire, ôc à dire bien peu ,

Si tu fais un secret, cache-le dans ton ame :

Car fi par ton moïen , puis après il est; su ,

Tu mérites par-tout que le monde te blâme.

XLIX.

Ne reprends en public les vices de personne ,

Encor que remontrer soit une chose bonne;

Tu fais , en ce faisant mille affronts recevoir,

II faut donc en privé, ôc doucement reprendre ,Reprendre & remontrer, ce n’est rien que savoir,Avecque la douceur la raison faire entendre.

L.

En quel lieu que tu sois, les Pauvres ne méprise,'Dieu , qui de grands moïens plus qu’eux te favorise,

Ne veut pas que tu fois ingrat de ses bienfaits :

Ecoute leurpriere , ÔC triste ôc lamentable ,

Donne-leur de tes biens , Sc leur fois charitable.L’aumône a ce pouvoir d’eifacer nos méfaits.

LI.

En tes affections ne te montres volage ,

Quand tu auras choisi quelqu’un dans ton courage,

Ne te rends fans sujet froid en son amitié :

Car un homme d’honneur, qui n’a point fait d’offenfe,

Tome F. N n n

DE LA LIGUE.

Mais si tu veux tromper, trompes ton ennemi :

Car aussi bien, s’il peut, il t’en fera de même.

XLVII.

Si tu n’es point méchant, les médians ne supporteNe fais jamais grand cas de celui qui rapporte ,

Jamais un Rapporteur n’eut rien de bon en foi,

II fait dans un logis mille querelles naître ,

Sers-toi de gens de bien, ôc tu feras pour toi ;

Car par le Serviteur onreconnoît le Maître.

XLVIII.

Ne divulgue jamais les choses qu’on doit taire ,

Un Causeur , quel qu’il soit, ne sautoir que dévíaire .